Iran/Nucléaire-Un accord semble proche mais encore des doutes

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par Louis Charbonneau et John Irish VIENNE, 13 juillet (Reuters) - L'Iran et le groupe P5+1 semblaient proches lundi à Vienne de conclure un compromis historique sur le dossier nucléaire iranien, qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans, mais un négociateur de la République islamique a dit ne pouvoir garantir qu'un accord soit imminent. "Je ne peux pas promettre que les questions en suspens soient résolues cette nuit ou demain soir. Certaines questions n'ont toujours pas de réponse et tant qu'elles n'auront pas été résolues nous ne pourrons pas dire qu'un accord est trouvé", a déclaré à l'agence de presse Tasnim Abbas Araqchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères. Des diplomates proches des discussions ont fait état de préparatifs pour une cérémonie officielle lundi dans la capitale autrichienne au cas où un accord serait conclu. Un tel accord devrait conduire à une levée des sanctions internationales qui frappent Téhéran, en échange de mesures garantissant que l'Iran ne se dotera pas de l'arme nucléaire. Le G5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) et l'Iran se sont donné jusqu'à ce lundi 13 juillet à minuit pour parvenir à un compromis. Mais la date-butoir a déjà été repoussée trois fois en deux semaines. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré lundi matin qu'il était prêt à poursuivre les discussions "aussi longtemps que nécessaire". "Les composantes d'un accord sont là", a dit un haut responsable du G5+1. "Nous devons encore apporter les touches finales. Chacun doit maintenant se décider. Il est temps de dire 'oui'." "VOLONTÉ POLITIQUE" Selon un responsable iranien, 99% des questions ont été réglées. "Avec une volonté politique, nous pouvons y arriver tard ce soir et faire une annonce demain", a-t-il dit. Pour le président français François Hollande, un accord définitif n'est "pas forcément très loin". ID:nL5N0ZT194 "Les négociations se sont accélérées, je ne peux pas préjuger de la conclusion mais nous ne sommes pas forcément très loin", a-t-il dit à l'issue du sommet de la zone euro sur la Grèce. Parmi les pierres d'achoppement, la volonté de Téhéran de voir le Conseil de sécurité des Nations unies lever immédiatement après un accord l'embargo sur les armes et les restrictions imposées à l'Iran sur son programme de missiles balistiques. Sur ce dossier, l'Iran a reçu le soutien de la Russie. Il y a d'autres questions délicates: les inspections des experts internationaux sur les sites militaires iraniens, le rythme de la levée des sanctions et les explications réclamées à Téhéran sur une possible dimension militaire de ses recherches nucléaires passées. A la radio israélienne, le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, qui suit particulièrement ce dossier iranien, a dit s'attendre à un accord lundi ou mardi. Les Israéliens parlent d'un "mauvais accord" et accusent les grandes puissances d'avoir fait trop de concessions aux Iraniens. "Ce qui est proposé, même s'il y a eu grâce à nous de légères améliorations depuis un an, c'est un mauvais accord, pleins de lacunes", a dit Yuval Steinitz. (Avec Parisa Hafezi, Arshad Mohammed, Shadia Nasralla, Ari Rabinovitch et le bureau de Dubaï; Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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