Iran/Nucléaire-Probable poursuite des discussions après le 30 juin

le , mis à jour à 15:44
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(Poursuite des négociations, Netanyahu) par Parisa Hafezi et John Irish VIENNE, 28 juin (Reuters) - Les négociateurs sur le nucléaire iranien se préparent à rester à Vienne après la date-butoir du 30 juin, a déclaré dimanche un responsable américain dans la capitale autrichienne. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, regagnera dimanche soir Téhéran pour consulter les autorités de la République islamique sur l'évolution des négociations mais sera de retour lundi à Vienne, a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim. Le responsable américain, qui a requis l'anonymat, a dit ne pas être étonné par ce déplacement du chef de la diplomatie iranienne, qui correspond à ce qui avait été convenu par toutes les parties en fonction de l'évolution des pourparlers. Pour le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, de grandes divergences persistent sur l'accord définitif que le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) cherchent à conclure avec l'Iran. La date butoir pour la conclusion de cet accord a été fixée en commun accord au 30 juin, mardi prochain, mais on estimait déjà depuis quelque temps que les discussions allaient se poursuivre début juillet. "Il y a des domaines où persistent de grandes différences d'interprétation lorsqu'il s'agit d'entrer dans les détails de ce qui a été convenu à Lausanne", a expliqué Philip Hammond à son arrivée à Vienne, faisant référence à l'accord-cadre conclu le 2 avril sur les bords du lac Léman. "Si on veut y arriver dans les prochains jours, ce sera en quelque sorte une proposition à prendre ou à laisser", a dit le secrétaire au Foreign Office. "Mais il vaut mieux pas d'accord du tout qu'un mauvais accord", a-t-il ajouté. "VOLONTÉ POLITIQUE" Pour la porte-parole de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, un accord de dernière minute est toujours possible. "Si toutes les parties font vraiment preuve de volonté politique dans cette dernière ligne droite, on peut y parvenir", a-t-elle écrit sur son compte Twitter. La conclusion d'un accord pourrait ouvrir la voie à la levée des sanctions économiques contre Téhéran. A Jérusalem, à l'issue du conseil des ministres, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a une nouvelle fois estimé que le P5+1 faisait trop de concessions aux Iraniens. "Nous voyons clairement que les puissances mondiales sont en retrait par rapport aux lignes rouges qu'elles avaient elles-mêmes fixées récemment et publiquement", a-t-il dit. "Il n'y a aucune raison de se presser pour signer ce mauvais accord, qui devient pire chaque jour", a-t-il ajouté. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré samedi que l'Iran devait encore remplir trois conditions pour permettre la conclusion d'un accord "solide" avec les grandes puissances sur son programme nucléaire. "Ce que nous voulons, c'est un accord qui soit robuste, qui reconnaisse à l'Iran le droit au nucléaire civil mais qui garantisse que l'Iran renonce effectivement et définitivement à l'arme nucléaire", a-t-il dit. "A ce titre, nous pensons que trois conditions sont indispensables. La première: une limitation durable de la capacité nucléaire iranienne de recherche et de production; la deuxième condition, c'est la vérification rigoureuse des sites, y compris militaires si nécessaire, et la troisième condition, c'est un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements." (Avec Arshad Mohammed, Louis Charbonneau, Dan Williams, Shadia Nasralla et Alastair Macdonald; Guy Kerivel pour le service français)

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