Iran-Le camp réformiste se félicite de ses succès électoraux

le , mis à jour à 19:05
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    * Victoire totale des réformistes et indépendants en vue à 
Téhéran 
    * Le camp Rohani donné aussi en tête pour l'Assemblée des 
experts 
    * Pour Rohani, le gouvernement sort renforcé du scrutin 
    * Pour Rafsandjani, personne ne peut s'opposer au peuple 
    * Les Gardiens de la révolution saluent le soutien au 
système 
 
 (Actualisé avec précisions, déclaration des Gardiens de la 
révolution) 
    par Samia Nakhoul 
    TEHERAN, 28 février (Reuters) - Le camp réformiste du 
président iranien Hassan Rohani semblait promis dimanche à une 
victoire politique sans appel selon les premiers résultats 
officiels, ce qui pourrait conforter le pouvoir en place et 
faciliter la fin de l'isolement du pays.  
    Si les progrès des modérés et des réformistes lors du double 
scrutin de vendredi s'annoncent plus nets dans la capitale que 
dans le reste du pays, l'ampleur de leur victoire suggère que le 
nouveau Parlement pourrait être plus favorable à la politique 
pragmatique de Rohani.  
    L'un des principaux alliés de ce dernier, Akbar Hashemi 
Rafsandjani, réformiste de longue date dont l'influence 
politique reste grande, a déclaré sur Twitter que la volonté 
populaire ne pouvait pas être contestée. 
    "Personne n'est en mesure de résister à la volonté de la 
majorité du peuple et tous ceux dont le peuple ne veut pas 
doivent se mettre en retrait", a-t-il dit.  
    Dès samedi soir, Rohani avait estimé que le peuple avait 
"donné plus de crédibilité et de force à son gouvernement élu." 
    Un affaiblissement du camp conservateur anti-occidental qui 
domine actuellement le Parlement pourrait aider Rohani à 
poursuivre l'ouverture de l'Iran au commerce et aux 
investissements internationaux après l'accord international 
conclu en juillet dernier sur le nucléaire.  
    A Téhéran, les premiers résultats publiés dimanche 
attribuent les 30 sièges de députés dévolus à la capitale, sur 
un total de 290, à la liste soutenue par les réformistes proche 
du camp Rohani. Le principal candidat conservateur, Gholamali 
Haddad Adel, pourrait ainsi perdre son siège.  
     
    "MÉNAGE AU PARLEMENT", TITRE UN QUOTIDIEN RÉFORMISTE 
    Premier à réagir directement dans le camp conservateur, le 
Corps des gardiens de la révolution, puissante organisation 
paramilitaire proche du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, 
a estimé que le niveau de participation élevée illustrait le 
soutien des électeurs au système politique en place.  
    Tout en prenant implicitement acte des résultats du double 
scrutin de vendredi, les Gardiens réaffirment dans un communiqué 
leur position anti-américaine, qu'ils espèrent voir soutenue par 
le pouvoir. 
    "Les vainqueurs des élections feront de leur mieux pour 
préserver la dignité, le pouvoir et l'indépendance de l'Iran, 
résoudre les principaux problèmes de la société et du peuple et 
vaincre l'arrogance généralisée par leur conscience et leur 
sagesse", dit l'organisation en référence aux Etats-Unis. 
    Les conservateurs, attachés aux principes fondamentaux de la 
Révolution islamique, détiennent 65% du Parlement sortant, 
réformistes et indépendants - qui soutiennent généralement 
Rohani - se partageant le reste.  
    Le quotidien réformiste Etemad, dont le directeur de la 
rédaction, Elias Hazrati, a lui-même remporté un siège de député 
à Téhéran, a titré sur le "Ménage au Parlement".  
    "Le prochain parlement sera différent de tous les autres 
Parlements de l'histoire de l'Iran car aucune faction politique 
n'aura un pouvoir de décision absolu", écrit-il en première 
page.  
    Outre les députés, les dizaines de millions d'Iraniens qui 
se sont rendus aux urnes vendredi devaient élire les 88 membres 
de l'Assemblée des experts, l'instance religieuse chargée de 
désigner le Guide suprême, elle aussi contrôlée depuis des 
années par les durs du régime, chez lesquels la détente avec 
l'Occident suscite la défiance, voire l'hostilité.  
    Après le dépouillement de la majorité des bulletins, Rohani 
et Rafsandjani sont en tête du scrutin pour l'Assemblée des 
experts et semblent assurés d'y siéger, selon les résultats 
provisoires rendus publics samedi.  
     
    L'ENJEU À LONG TERME DE LA SUCCESSION DE KHAMENEI 
    Si les élections à cette assemblée étaient jusqu'à présent 
peu suivis, ce n'est pas le cas cette fois-ci. Les experts 
choisi vendredi, élus pour huit ans, pourraient en effet devoir 
choisir le successeur d'Ali Khamenei, aujourd'hui âgé de 76 ans. 
    Le successeur de ce dernier pourrait d'ailleurs être l'un de 
ceux élus vendredi.  
    Rafsandjani, un ancien président, est un candidat potentiel 
au poste le plus influent du régime. Figure historique de la 
révolution de 1979, il a bâti au fil des ans d'importants 
réseaux d'influence et il est réputé pour son pragmatisme et son 
sens politique.  
    A Téhéran, un seul candidat conservateur, Ahmad Jannati, 
semblait en passe d'être élu à l'Assemblée des experts, à la 15e 
des 16 places dévolues à la capitale.  
    Le président sortant de cette assemblée, Mohammad Yazdi, 
17e, et l'ultra-conservateur Mohammad-Taghi Mesbah-Yazdi, 19e, 
semblaient promis à la défaite selon des résultats partiels.  
    Selon les calculs de Reuters sur la base des résultats 
officiels disponibles, les réformistes ont réuni près de 25% des 
suffrages pour l'élection des députés, les indépendants 21% et 
les conservateurs 36%. 
    Un second tour devrait avoir lieu fin avril pour 18% des 
sièges car aucun des candidats en lice n'a atteint le seuil 
plancher de 25% des voix. Plus d'une dizaine des premiers élus 
sont des femmes.  
     
 
 (Avec Bozorgmehr Sharafedin, Babak Dehghanpisheh et Sam Wilkin; 
Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français) 
 
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