Iran-La date butoir pour un accord repoussée au 7 juillet

le , mis à jour à 19:54
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(Actualisé avec déclarations Obama, Rohani, AIEA, contexte) VIENNE, 30 juin (Reuters) - La date butoir fixée pour que Téhéran et les pays du groupe "P5+1" trouvent un accord sur le programme nucléaire iranien a été repoussée au 7 juillet, au lieu du 30 juin, a annoncé mardi la délégation américaine. "Le P5+1 et l'Iran ont décidé de prolonger au 7 juillet les mesures décidées dans le cadre du Plan d'action conjoint afin de donner davantage de temps aux négociateurs pour qu'ils trouvent une solution de long terme sur la question du (programme) nucléaire iranien", a déclaré Marie Harf, porte-parole du département américain d'Etat. Des diplomates présents à Vienne ont indiqué que les négociations se poursuivraient pendant le temps nécessaire à la conclusion d'un accord général prévoyant une fin des sanctions en échange d'un moratoire d'au moins 10 ans sur les activités nucléaires les plus sensibles conduites par la république islamique. Barack Obama a déclaré mardi qu'il n'y aurait pas d'accord si une incertitude demeurait dans l'esprit des négociateurs que toutes les assurances avaient été prises pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Le président américain a précisé que le but de ces négociations était de mettre en oeuvre un mécanisme de vérification afin que la république iranienne ne puisse jamais devenir une puissance nucléaire. "Il appartiendra in fine aux Iraniens" de respecter les exigences de la communauté internationale, a précisé Barack Obama devant la presse. De son côté, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit présenter un rapport montrant que les stocks d'uranium faiblement enrichi détenus par l'Iran se situent au niveau exigé par l'accord préliminaire conclu en novembre 2013, indique un diplomate occidental. Suivant cet accord, reconduit en 2014, les autorités iraniennes doivent maintenir leurs stocks d'uranium faiblement enrichi (moins de 5%) en dessous d'un plafond de 7.650 kg. PÉRIODE D'EXAMEN Le président iranien Hassan Rohani a précisé que son pays reprendrait ses activités nucléaires mises à l'arrêt si la communauté internationale ne tenait pas ses engagements après la conclusion d'un accord définitif. "Si nous parvenons à un accord, tout le monde doit le respecter", a dit Hassan Rohani cité par l'agence de presse Irna. "Si une des parties enfreint l'accord, nous reviendrons aux pratiques anciennes d'une manière encore plus déterminée qu'ils peuvent l'imaginer", a-t-il ajouté. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, se déplaçant avec des béquilles après son accident de vélo en France, a repris ses consultations avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif rentré à Vienne mardi matin après des consultations avec le gouvernement de Téhéran. Zarif, accompagné du chef de la délégation des négociateurs iraniens Ali Akbar Salehi, remis d'une opération en mai, se sont entretenus pendant deux heures avec John Kerry. "Je suis ici pour aboutir à un accord final et je pense que nous pouvons y parvenir", a déclaré Zarif qui devait également rencontrer ses homologues allemand et russe. Des diplomates ont expliqué que la véritable date butoir n'était pas tant le 30 juin que le 9 juillet afin qu'il puisse être présenté à temps devant le Congrès américain. Une période obligatoire d'examen du texte d'une durée de 30 jours serait alors imposée avant que Barack Obama puisse décider une levée des sanctions économiques. Au-delà du 9 juillet, cette période de carence sera portée à 60 jours, augmentant le risque de voir l'accord échouer. (Arshad Mohammed and Louis Charbonneau,; Nicolas Delame pour le service français)

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