Iran, Irak, Russie contre une baisse de la production de pétrole

le , mis à jour à 22:22
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    * Rien de décidé après une réunion informelle de l'Opep 
    * Ryad accepterait une baisse de la production de 
l'Opep-rapport 
    * L'Iran refuse de discuter d'une baisse de sa production 
    * L'Irak dit maintenir ses plans de production 
    * La Russie ne voit pas la nécessité de baisser sa 
production 
 
 (Actualisé avec fin de la réunion, positions russe et 
irakienne) 
    par Shadia Nasralla 
    VIENNE, 3 décembre (Reuters) - Les pays producteurs de 
pétrole ne sont guère susceptibles de s'entendre sur des mesures 
visant à faire remonter les cours après que l'Iran, l'Irak et la 
Russie ont rejeté jeudi une proposition de baisse concertée de 
la production apparemment formulée par l'Arabie saoudite. 
    L'Arabie saoudite, premier producteur de brut au sein de 
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), était 
prête à suggérer aux autres membres de l'Opep une diminution 
d'un million de barils par jour de la production à condition que 
les pays non-Opep participent à l'initiative, a rapporté le site 
spécialisé Energy Intelligence. 
    Une source saoudienne a ensuite qualifié ces informations de 
"sans fondement", en réclamant l'anonymat et sans en dire plus. 
Mais cela n'a pas empêché une source au sein d'Energy 
Intelligence de réaffirmer les dires du site spécialisé. 
    Les cours du pétrole, également favorisés par la chute du 
dollar, ont bondi de quelque 3% à la suite de ces informations 
mais les analystes sont d'avis qu'un accord mondial est hors de 
portée. 
    L'Arabie saoudite a dit à plusieurs reprises par le passé 
qu'elle n'accepterait une baisse de sa production qu'à condition 
que les autres membres de l'Opep et des pays en dehors de 
l'organisation suivent le mouvement. 
    Selon Energy Intelligence, citant un délégué de l'Opep, Ryad 
serait prêt à diminuer sa production si l'Irak accepte de geler 
la hausse prévue de la sienne et si l'Iran ainsi que la Russie, 
le Mexique, Oman et le Kazakhstan -- ces quatre derniers pays 
n'étant pas membres de l'Opep -- consentent également à des 
baisses de production. 
    Les Saoudiens aimeraient qu'un tel accord soit mis en oeuvre 
l'an prochain mais ne s'attendent pas à une décision définitive 
dès vendredi à Vienne, ajoute-t-on de même source. 
    Une telle proposition destinée à équilibrer les cours 
marquerait un revirement dans la stratégie de l'Opep, qui visait 
jusqu'à présent à défendre ses parts de marché en maintenant un 
niveau de production élevé. 
    Les pays de l'Opep tiendra vendredi sa réunion officielle à 
Vienne. Ce jeudi a été, fait rare, organisée une réunion 
officieuse entre les membres de l'Opep, au cours de laquelle 
rien n'a été décidé. 
     
    PAS DE COOPÉRATION ENTRE OPEP ET NON-OPEP DEPUIS 15 ANS 
    La Russie ainsi que l'Iran et l'Irak ont rapidement réagi 
pour écarter l'idée d'une baisse de la production de leur part. 
La dernière fois que les pays de l'Opep et ceux qui n'en font 
pas partie ont uni leurs forces pour soutenir les cours remonte 
à 15 ans, quand le marché pétrolier avait subi de plein fouet la 
crise financière de 1998. 
    Depuis, la Russie a maintes fois refusé toute action 
coordonnée et a fait monter sa production de 70% sur la période. 
L'Iran veut de son côté augmenter la sienne dans la perspective 
de la levée des sanctions occidentales. 
    "Nous n'acceptons aucune discussion sur l'augmentation de la 
production de l'Iran après la levée des sanctions", a déclaré le 
ministre iranien du Pétrole, Bijan Zangeneh. "C'est notre droit 
et personne ne peut s'y opposer". 
    "Et nous attendons de nos collègues de l'Opep qu'ils ne nous 
mettent pas la pression en la matière (...) C'est inacceptable, 
c'est injuste." 
    L'Iran va augmenter sa production d'un million de barils par 
jour après avoir été contraint pendant des années à la limiter 
en raison des sanctions occidentales liées à son programme 
nucléaire, a ajouté Bijan Zangeneh. 
    Le ministre du Pétrole russe Alexander Novak a dit à 
l'agence de presse RIA qu'il ne voyait pas la nécessité pour le 
pays de baisser sa production, ajoutant qu'il ne s'attendait pas 
à voir l'Opep à changer de politique en la matière lors de sa 
réunion de vendredi. 
    Le ministre du Pétrole irakien Adel Abdel Mahdi a de son 
côté déclaré que le pays, qui a enregistré cette année une 
hausse spectaculaire de sa production, s'en tenait à ses plans. 
    Le prix du baril a baissé de plus de moitié en 18 mois, 
passant de 115 dollars à moins de 45 dollars. Le relèvement des 
taux d'intérêt américains, attendu par les marchés pour la 
mi-décembre, pourrait accentuer la baisse, qui s'explique 
principalement par la surabondance de l'offre face à une demande 
atone. 
    La stratégie de défense de ses parts de marché adoptée par 
l'Opep a atteint l'un de ses objectifs en étouffant l'explosion 
de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. La 
production des pays hors-Opep devrait en outre baisser en 2016 
pour la première fois en près de 10 ans en raison de coupes dans 
les investissements. 
    Le problème de l'abondance de l'offre subsiste cependant,  
ce qui conduit les membres les plus fragiles du cartel, qui 
craignent de voir le baril sombrer vers les 20 dollars le baril, 
à exprimer de plus en plus ouvertement leurs critiques à l'égard 
de la stratégie voulue par Ryad. 
 
 (Avec la contribution de Rania El Gamal, Reem Shamseddine et 
Vladimir Soldatkin, Bertrand Boucey, Patrick Vignal et Benoît 
Van Overstraeten pour le service français) 
 

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