Irak-Raids aériens contre l'EI à Tikrit, l'armée avance

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(Avance des forces spéciales, réactions de groupes chiites) par Saif Hameed et Ahmed Rasheed BAGDAD, 26 (Reuters) - Les forces spéciales irakiennes appuyées par les frappes aériennes de la coalition conduite par les Etats-Unis avançaient jeudi dans Tikrit, dont plusieurs quartiers sont toujours aux mains des djihadistes de l'Etat islamique (EI). Pour la première fois, des avions de la coalition ont bombardé mercredi soir les positions de l'EI dans l'ancien fief de Saddam Hussein, situé à 160 km au nord-ouest de Bagdad. Jeudi, ils ont poursuivi leurs frappes, visant notamment le complexe des anciens palais présidentiels où sont retranchés depuis trois semaines des combattants islamistes, a déclaré un porte-parole du ministère irakien de la Défense. Au total, 17 raids aériens ont été menés par la coalition sur Tikrit et 24 par l'armée de l'air irakienne. Le général irakien Tahsin Ibrahim Sadik a précisé que les forces gouvernementales progressaient dans la ville grâce à ce soutien aérien qui constitue à ce jour la plus importante opération menée par la coalition en soutien aux troupes irakiennes et à leurs alliés chiites soutenus par l'Iran. MILICES CHIITES EXCLUES Mais à Washington, où le fait de se retrouver dans le même camp que les milices chiites inquiète plusieurs parlementaires américains, le général Lloyd Austin, commandant le Centcom, le Commandement central des forces américaines dont dépend cette partie du globe, a affirmé que les milices chiites n'étaient plus impliquées dans la bataille de Tikrit. Leur retrait était même la condition fixée par les Etats-Unis pour répondre favorablement à la demande d'appui aérien des autorités irakiennes. "Une fois ces conditions réunies, qui impliquaient la non-participation des milices chiites, nous avons pu aller de l'avant", a dit le général Austin devant le Congrès. Mobilisant sa propre expérience, avec trois affectations en Irak au cours desquelles il a vu ses hommes brutalisés par ces milices, il a déclaré qu'il n'avait certainement pas l'intention d'accepter une quelconque "coordination ou coopération" avec elles. Les milices chiites, a-t-il ajouté, "ne participent pas aux opérations de nettoyage de Tikrit" qui impliquent les seules forces armées et de police fédérale irakiennes. Le général Austin a toutefois admis que les miliciens chiites étaient toujours présents dans le secteur, sans doute sur l'autre rive du fleuve Tigre. Côté chiite, on présente les choses différemment. Deux milices, Kataïb Hezbollah et Assaïb Ahl al Hak, ont annoncé qu'elles allaient se retirer pour dénoncer l'implication des avions américains dans les opérations. L'Organisation Badr, principale composante de la coalition Hachid Chaabi (Mobilisation populaire), a affirmé, elle, vouloir poursuivre le combat à Tikrit. "Nous étions en mesure de l'emporter sans aucune aide mais les Américains sont venus nous voler notre victoire", a dit un porte-parole d'Assaïb Ahl al Hak, Naïm al Ouboudi. CONSEILLERS IRANIENS Le groupe Kataïb Hezbollah a critiqué le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi pour avoir réclamé l'intervention des avions de la coalition. "Il n'est pas possible pour le Kataïb Hezbollah ou les autres groupes de la résistance de se retrouver dans le même camp que les Américains", a dit un porte-parole. Le ministre irakien de la Défense, Khaled al Obeïdi, a minimisé quant à lui le rôle prêté aux conseillers iraniens présents sur le champ de bataille. "Les conseillers iraniens n'ont rien à voir avec le travail de l'aviation", a-t-il dit. "Les Iraniens travaillent avec les frères de la milice Hachid Chaabi en tant que conseillers et je pense qu'ils occupent des positions à l'arrière." Si les forces irakiennes reprennent Tikrit, ce sera la première ville reconquise depuis l'offensive éclair de l'Etat islamique en juin dernier. Auditionné par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le général à la retraite John Allen, émissaire de Barack Obama auprès de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a affirmé jeudi que la campagne de bombardement affaiblissait le groupe djihadiste. "Nous dégradons clairement ses capacités", a-t-il dit. "L'attrait qu'exerce le prétendu califat subit un assaut direct", a-t-il ajouté. Depuis les premières frappes internationales déclenchées en août dernier, a-t-il poursuivi, l'Etat islamique a perdu plus d'un quart des zones peuplées qu'il contrôlait en Irak depuis sa spectaculaire progression entamée deux mois plus tôt par la prise de Mossoul, deuxième plus grande ville du pays, dans le Nord. (avec Patricia Zengerle et Phil Stewart à Washington; Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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