Irak-Maliki juge que son remplacement n'a "aucune valeur"

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(Actualisé avec déclaration du guide suprême iranien) BAGDAD, 13 août (Reuters) - Nouri al Maliki a répété mercredi que la nomination d'Haïder al Abadi, un chiite comme lui, au poste de Premier ministre pour le remplacer constituait une violation de la constitution irakienne et n'avait "aucune valeur". Dans une intervention télévisée, le Premier ministre déchu a considéré que chacun devait respecter la décision du tribunal fédéral auprès duquel il dit avoir déposé un recours mardi contre la nomination d'Haïder al Abadi. Le tribunal n'a pas encore rendu sa décision. "La violation qui est intervenue n'a aucune valeur et ses conséquences n'ont aucun effet", a déclaré Nouri al Maliki. "Ce gouvernement poursuit (son activité) et ne subira pas de modification à moins qu'en décide ainsi la cour fédérale." Haïder al Abadi est soutenu par les chancelleries occidentales et l'Iran chiite, qui reprochent à son prédécesseur d'avoir contribué par une pratique autocratique du pouvoir à la radicalisation de la minorité sunnite et donc à la progression des djihadistes de l'Etat islamique. Nouri al Maliki espérait le soutien de l'Iran, où il a passé plusieurs années en exil lorsque Saddam Hussein, un sunnite, était au pouvoir à Bagdad. Le guide suprême de la révolution islamique en Iran a toutefois apporté mercredi son soutien personnel à Haïder al Abadi, après avoir déjà pris publiquement ses distances avec Nouri al Maliki. "J'espère que la désignation du nouveau Premier ministre en Irak va dénouer la situation et conduire à la formation d'un nouveau gouvernement et infliger une bonne leçon à ceux qui cherchent la sédition en Irak", déclare l'ayatollah Ali Khamenei dans un communiqué diffusé sur son site internet. D'après les médias iraniens, Ali Khamenei a envoyé en juillet un émissaire participer à des discussions avec des responsables politiques et religieux de la communauté chiite irakienne pour trouver un remplaçant à Nouri al Maliki. Ces responsables irakiens, parmi lesquels le grand ayatollah Ali Sistani, plus haut dignitaire religieux des chiites d'Irak, se sont finalement entendus sur le nom de Haïder al Abadi, personnalité suffisamment consensuelle à leurs yeux pour favoriser une participation des sunnites modérés à l'exercice du pouvoir. (Alexander Dziadosz et Raheem Salman; Agathe Machecourt et Bertrand Boucey pour le service français)

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