Irak-Les sunnites prêts sous condition à soutenir le gouvernement

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* Un chef tribal influent prêt à travailler avec Abadi... * ... si les droits des sunnites sont protégés * 80 Yazidis auraient été tués par l'Etat islamique * L'Onu sanctionne six djihadistes de l'EI et d'al Nosra par Rahim Salman et Michael Georgy BAGDAD, 15 août (Reuters) - Des personnalités sunnites irakiennes ont offert leur soutien conditionnel au nouveau gouvernement du chiite Haïdar al Abadi, appelé à repousser l'offensive de l'Etat islamique, dont certains des dirigeants ont été condamnés vendredi par les Nations unies. Un des plus influents chefs tribaux, Ali Hatem Souleiman, chef de la tribu Doulaïmi, a assuré vendredi lors d'une intervention télévisée être prêt à travailler avec le nouveau Premier ministre, à condition que celui-ci assure le respect des droits de la minorité sunnite, marginalisée sous son prédécesseur Nouri al Maliki après avoir dominé l'Irak du temps de Saddam Hussein. Ali Hatem Souleiman n'a pas exclu que les sunnites prennent les armes contre les combattants de l'Etat islamiste, de la même façon qu'avec d'autres, il s'était joint aux Etats-Unis et aux forces liées au gouvernement chiite pour combattre l'insurrection menée par Al Qaïda en Irak entre 2006 et 2009. Les dignitaires sunnites d'Anbar et d'autres provinces ont dressé une liste de demandes qui doit être remise à Haïdar al Abadi, a annoncé un porte-parole du groupe à Reuters. Le nouveau Premier ministre a la tâche difficile de pacifier l'Irak en général et l'Anbar en particulier, immense province désertique qui jouxte la Syrie, où l'Etat islamique contrôle aussi des portions de territoire. La mise à l'écart systématique des sunnites sous les gouvernements du chiite Nouri al Maliki a poussé certaines figures de l'Anbar dans les bras de l'État islamique, dont la percée a conduit les Etats-Unis et leurs alliés européens à se réinvestir militairement en Irak à divers degrés pour contenir ce qu'ils considèrent comme une menace qui va bien au-delà des frontières de l'Irak. Vendredi à New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution interdisant le porte-parole de l'Etat islamique, Abou Mohamed al Adnani, et cinq autres personnes de déplacement et gelant leurs avoirs. La résolution menace de sanctions ceux qui financeraient ou fourniraient des armes et des recrues aux insurgés. ID:nL6N0QL3UC RARE OPPORTUNITÉ Des experts de l'Onu sont chargés de fournir un rapport dans un délai de 90 jours sur la menace représentée par l'EI et par le Front al Nosra, branche d'Al Qaïda en Syrie, et leurs sources d'armement et de financement. Des combattants de l'Etat islamique ont été accusés vendredi d'avoir "massacré" environ 80 membres de la minorité yazidie dans un village du nord de l'Irak. ID:nL6N0QL3V6 Le plus haut dignitaire religieux d'Irak, le Grand ayatollah Ali al Sistani, a pour sa part exprimé son soutien vendredi au nouveau Premier ministre et exhorté les politiques à faire taire leurs rivalités et à honorer leur "responsabilité historique" en coopérant avec Abadi pour affronter la menace de l'EI. "Le soutien régional et international (à Abadi) constitue une rare opportunité (...) de résoudre tous les problèmes (de l'Irak), particulièrement ceux ayant trait à la politique et à la sécurité", a déclaré l'ayatollah Sistani. A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont confirmé que les Etats membres étaient livres de livrer des armes aux peshmerga kurdes qui combattent les djihadistes de l'Etat islamique dans le nord de l'Irak à condition d'avoir le feu vert de Bagdad. ID:nL6N0QL2UB L'UE promet en outre de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour empêcher l'Etat islamique de vendre le pétrole des gisements dont il s'est emparés en Syrie et en Irak. Elle réclame en outre l'ouverture d'une enquête pour déterminer si les exactions commises dans les deux pays relèvent des crimes contre l'humanité. Plusieurs Etats européens, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la République tchèque et les Pays-Bas, ont fait savoir qu'ils enverraient des armes aux Kurdes ou qu'ils envisageaient de le faire. ID:nL6N0QL1L5 Selon les Nations unies, 80.000 personnes environ se sont réfugiées dans la province de Dohouk, relativement sûre, à la frontière de la Syrie et de la Turquie. Au total, 1,2 millions d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur de leur pays cette année. Plusieurs milliers e Yazidis restent sur les hauteurs du mont Sinjar. Les Etats-Unis ont fait savoir jeudi qu'ils n'avaient pas l'intention de les évacuer, estimant que le siège du mont Sinjar par l'EI avait été brisé. (Jean-Philippe Lefief, Bertrand Boucey, Agathe Machecourt et Danielle Rouquié pour le service français)

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