Irak : les sunnites, antidote contre l'État islamique

le
0
Des manifestants sunnites défilent contre le gouvernement irakien, dans la ville de Falloujah, en avril 2013 (photo d'illustration).
Des manifestants sunnites défilent contre le gouvernement irakien, dans la ville de Falloujah, en avril 2013 (photo d'illustration).

Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas en agresseurs mais en "libérateurs" que les combattants de l'État islamique (EI) ont tout d'abord été accueillis par les populations sunnites d'Irak. "Les djihadistes n'auraient pas pu s'emparer d'un tel territoire en si peu de temps s'ils ne bénéficiaient pas du soutien massif de la population", prévient d'emblée Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes au cabinet NGC Consulting. Ouvertement discriminés par l'ex-Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, les sunnites d'Irak, qui constituent 20 % de la population, mais qui ont dirigé le pays pendant des siècles, sont devenus après la chute de Saddam Hussein des citoyens de seconde zone. Une politique sectaire qui les a "poussés dans les bras des djihadistes", affirme Myriam Benraad, chercheuse à Sciences Po et analyste au Conseil européen des affaires étrangères (ECFR).

Les prémices de cette "alliance" datent de décembre 2012. À l'époque, des milliers de sunnites manifestent pacifiquement dans le nord de l'Irak pour réclamer le départ de Nouri al-Maliki. Pour seule réponse, l'autoritaire chef du gouvernement envoie l'armée. En avril 2013, près de 240 manifestants périssent à Houweijah. Un "massacre" qui fera date. La contestation se radicalise. "L'État islamique a alors infiltré les manifestations et les a détournées à son profit", explique Myriam Benraad. Contrairement aux manifestants, les djihadistes souhaitent se...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant