Irak-Les forces gouvernementales ralenties dans Tikrit

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* L'Etat islamique tient toujours le centre de Tikrit * Des combats se déroulent également dans la province d'Anbar * Des villages repris par les peshmergas kurdes au sud de Kirkouk (Actualisé, ministre de la Défense, combats au sud de Tikrit, précisions) par Saïf Hamid BAGDAD, 12 mars (Reuters) - La progression de l'armée irakienne et des milices chiites a été ralentie jeudi à Tikrit, où des combats avec les djihadistes de l'Etat islamique (EI) étaient signalés au lendemain de l'entrée des forces gouvernementales dans la ville. Le quartier industriel du nord-ouest de la ville est sous le feu de l'artillerie lourde, des tireurs embusqués et des mitrailleuses, dit-on au centre de commandement de l'armée irakienne. Trois combattants de l'EI ont été tués dans les affrontements. Les djihadistes se sont emparés en juin dernier du fief familial de l'ancien président Saddam Hussein. Ils occupent notamment le vaste ensemble de bâtiments construits par Saddam et dont ils ont fait leur quartier général. Selon un officier interrogé au centre de commandement de l'armée irakienne, ce complexe, ainsi que trois autres quartiers du centre de Tikrit, sont toujours tenus par l'EI. L'avancée des troupes gouvernementale est freinée par la présence de tireurs embusqués et de bombes posées par les djihadistes. Un photographe de Reuters a vu une voiture exploser dans l'extrême sud de la ville et des responsables sécuritaires ont déclaré que l'EI avait piégé plusieurs bâtiments abandonnés. En visite sur la ligne de front, le ministre irakien de la Défense, Khaled al Obeïdi, a déclaré que les opérations se déroulaient conformément aux prévisions. L'armée et les milices chiites, les Hachid Chaabi (Mobilisation populaire), consolident leurs positions. "Maintenant commence la deuxième phase de la bataille", a dit le ministre à la télévision irakienne. "Toutes les forces de sécurité sont engagées dans la bataille, ainsi que les combattants tribaux et les Hachid Chaabi." ATTENTATS SUICIDES L'offensive sur Tikrit a été lancée il y a dix jours avec 20.000 hommes de l'armée irakienne, des miliciens chiites soutenus par l'Iran et avec le soutien de tribus sunnites locales. La reprise de la ville constituerait un premier succès d'envergure pour l'armée irakienne, neuf mois après l'offensive éclair qui a amené l'EI aux portes de Bagdad. Il s'agirait en outre d'une première étape en vue de la reconquête de Mossoul, la plus grande ville irakienne tenue par les djihadistes. Au nord de Tikrit, les islamistes ont fait sauter le pont Al Fatha, qui relie l'autoroute nord-sud, le long du Tigre, à Haouidjah, localité tenue par l'EI, au nord-est. Les djihadistes ont également contre-attaqué dans d'autres secteurs. Ils ont mené mercredi treize attentats suicides à la voiture piégée contre les positions de l'armée irakienne à Ramadi, capitale de la province d'Anbar, à environ 90 km à l'ouest de Bagdad. Mercredi soir, toujours à Ramadi, ils ont pris un pont sur l'Euphrate et attaqué une position de l'armée avec deux véhicules blindés piégés, rapporte un membre d'une tribu sunnite locale. Selon un officier de l'armée irakienne et une source policière, 22 soldats irakiens ont été tués mercredi par erreur à Ramadi dans un raid aérien de la coalition conduite par les Etats-Unis. Un porte-parole de la coalition a démenti cette information, assurant que si un bombardement avait bien eu lieu mercredi dans la région de Ramadi, il avait touché une position tenue par des djihadistes. "Il n'y a pas eu de pertes amies", a affirmé le lieutenant-colonel Thomas Gilleran. Un responsable américain a souligné que la seule frappe menée par la coalition mercredi dans l'Anbar avait visé un objectif situé à plus de 30 km du lieu supposé où auraient été tués les soldats irakiens. Dans le nord de l'Irak, les peshmergas kurdes ont annoncé avoir repris à l'EI à l'issue de durs combats les villages de Mariam Pek, Koubaïba et Al Mourra, à une trentaine de kilomètres au sud de Kirkouk. (Avec Ahmed Rasheed; Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Guy Kerivel)

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