Irak-Le grand ayatollah Sistani intransigeant face à la corruption

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BAGDAD, 4 septembre (Reuters) - Le grand ayatollah Ali al Sistani a souhaité vendredi que les plus hauts fonctionnaires irakiens soupçonnés de corruption aient à répondre de leurs actes devant la justice et restituent les fonds détournés. Le chef du clergé chiite, dont les points de vue sont rarement contestés dans la classe politique, a exprimé son soutien aux profondes réformes entreprises récemment par le Premier ministre Haïdar al Abadi et l'a prié de faire preuve de fermeté face à la corruption et à l'incompétence qui rendent le pays pratiquement ingouvernable. Le chef du gouvernement, dont le projet a été présenté le mois dernier, propose de supprimer des pans entiers de l'administration, d'en finir avec les quotas qui garantissent la répartition des postes en fonction des appartenances politiques et de relancer les enquêtes anticorruption. Le plan lui confère en outre le pouvoir de limoger les élus locaux. Ses détracteurs, qui jugent le projet inconstitutionnel, assurent qu'il ne changera rien au quotidien des Irakiens qui bravent la canicule par milliers tous les vendredis depuis plus d'un mois à Bagdad et dans les provinces du Sud pour dénoncer la corruption et l'incompétence des pouvoirs publics. "L'une des principales étapes de la réforme consiste (...) à poursuivre les grands responsables de la corruption, à leur demander des comptes et à retrouver les fonds détournés à leur profit", a dit Ali al Sistani dans son sermon de vendredi, selon le texte remis par son conseiller Ahmed al Safi. L'ayatollah s'en est par ailleurs pris aux membres de la commission d'intégrité, chargée de la lutte contre la corruption. "Beaucoup doutent qu'ils soient à même de mener leur tâche à bien et qu'ils la poursuivent sans nouveaux délais", a-t-il souligné. Le mot d'ordre des manifestations provoquées le mois dernier par de graves pannes d'électricité s'est peu à peu élargi à la lutte contre la corruption et à la réforme du système judiciaire. (Saif Hameed et Stephen Kalin, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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