Irak-L'EI contre-attaque alors que l'étau se resserre sur Mossoul

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    * L'EI a lancé deux attaques dans l'ouest de l'Irak, dont 
Sindjar 
    * L'armée dit avoir repris 80 villages autour de Mossoul et 
tué 770 djihadistes 
    * La reconquête de la région chrétienne à l'est de Mossoul 
se poursuit 
 
    par Maher Chmaytelli et Stephen Kalin 
    BAGDAD/BARTELLA, Irak, 24 octobre (Reuters) - Le groupe Etat 
islamique a lancé de nouvelles attaques lundi, dans l'ouest de 
l'Irak, pour tenter d'alléger la pression de l'armée irakienne 
et des forces kurdes qui resserrent l'étau autour de Mossoul, 
dernier grand bastion des djihadistes dans le pays. 
    Selon le service de presse de l'armée de Bagdad, les forces 
pro-gouvernementales ont repris près de 80 villages autour de 
Mossoul depuis le début de leur offensive il y a une semaine et 
sont désormais aux portes de la ville où le chef de l'EI, Abou 
Bakr al Baghdadi, a proclamé son "califat" il y a deux ans. 
    La bataille de Mossoul devrait véritablement débuter lorsque 
les forces pénétreront dans les rues étroites de la ville qui 
compterait encore quelque 1,5 million d'habitants, dont 
seulement quelques milliers ont pour l'instant pu s'échapper. 
    Faute de pouvoir empêcher la progression des militaires 
irakiens, au sud et à l'est de la ville, et des forces kurdes, 
au nord-est et au nord, les djihadistes ont lancé lundi de 
nouvelles attaques de diversion. 
    Après avoir attaqué Kirkouk vendredi, l'EI est passé à 
l'offensive dimanche à Routba, une ville située dans la province 
majoritairement sunnite d'Anbar, près de la frontière syrienne, 
et lundi à Sindjar, à l'ouest de Mossoul. 
    Selon Mahma Xelil, un responsable yazidi de la province de 
Ninive, l'attaque à Sindjar, qui a impliqué un véhicule piégé 
conduit par un kamikaze, a été la plus violente lancée par les 
djihadistes depuis un an dans cette région où ils s'étaient 
livrés à des atrocités de grande ampleur contre les yazidis il y 
a deux ans. 
    Elle a néanmoins été repoussée par les peshmergas kurdes, 
qui ont tué 15 assaillants et détruit plusieurs de leurs 
véhicules, a dit Mahma Xelil à Reuters.   
    L'EI affirme de son côté avoir détruit deux véhicules des 
forces kurdes et tué tous leurs occupants. 
    A Routba, une ville située sur la route reliant la Syrie à 
la Jordanie, à 360 km à l'ouest de Bagdad, des renforts de la 
police fédérale ont été envoyés dans la nuit de dimanche à lundi 
pour appuyer les unités locales, a-t-on appris de sources 
sécuritaires. 
    Selon ces sources, sept policiers et 16 djihadistes ont été 
tués jusqu'à présent dans les combats. L'EI dit avoir mis en 
fuite des dizaines de membres des services de sécurité et des 
forces tribales sunnites alliées au gouvernement de Bagdad. 
     
    L'ARMÉE À 5 KM DE MOSSOUL 
    Ces attaques ont peu de chance de faire dérailler 
l'offensive sur Mossoul, à laquelle participent quelque 30.000 
soldats irakiens et peshmergas kurdes. La ville serait défendue 
par quelques milliers de djihadistes. 
    De nombreux pays étrangers sont aussi impliqués dans les 
opérations, soit en fournissant un appui principalement aérien 
sous le parapluie de la coalition internationale formée par les 
Etats-Unis, comme la France et la Grande-Bretagne, soit au sol 
comme la Turquie. 
    Ankara, qui a formé des combattants sunnites dans le camp de 
Bachika, au nord de Mossoul, mais dont le gouvernement de Bagdad 
a publiquement décliné l'aide, a néanmoins affirmé lundi que ses 
tirs d'artillerie avaient tué 17 djihadistes depuis le début de 
l'offensive. 
    Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a ajouté 
pendant une conférence de presse conjointe avec son homologue 
français Jean-Marc Ayrault que quatre chasseurs F-16 étaient 
prêts à appuyer les troupes au sol. 
    La Turquie est inquiète de voir les Kurdes étendre encore 
leur influence dans cette région qui appartenait autrefois à 
l'empire ottoman. 
    A l'est de Mossoul, l'armée irakienne poursuit de son côté 
sa reconquête d'une région majoritairement chrétienne dont 
presque toute la population a fui depuis qu'elle est tombée sous 
le joug de l'EI il y a deux ans. 
    Après avoir repris Qaraqosh samedi, l'unité d'élite de 
l'armée, le service de contre-terrorisme (CTS), a poussé son 
avantage et reconquis lundi matin trois villages à l'ouest d'une 
autre ville chrétienne, Bartella. 
    Les militaires sont désormais aux portes du village de 
Bazouaïa, à seulement cinq à sept kilomètres des premières 
habitations de Mossoul, a déclaré à Reuters le général Abdel 
Ghani al Assadi. 
    D'après le service de presse de l'armée irakienne, 770 
djihadistes ont été tués en une semaine, et 23 capturés. Les 
forces gouvernementales ont aussi détruit 127 véhicules piégés 
conduits vers leurs positions par des kamikazes. 
    L'EI affirme pour sa part avoir tué des centaines de 
combattants ennemis et bloqué leur progression. 
     
 
 (Avec Saïf Hameed; Tangi Salaün pour le service français) 
 )
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