Irak-Fillon demande d'élargir l'action de la France à la Syrie

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* Soutien du Parlement à l'intervention armée en Irak * L'opposition demande de lutter contre l'Etat islamique en Syrie PARIS, 24 septembre (Reuters) - L'ancien Premier ministre UMP François Fillon a demandé mercredi au gouvernement d'étendre à la Syrie l'action militaire de la France contre l'Etat islamique (EI), pour l'instant limitée à l'Irak, où l'armée a mené des frappes aériennes. Le Premier ministre, Manuel Valls, a obtenu le soutien du Parlement à cet engagement militaire, qui n'a fait l'objet d'aucun vote, insistant sur la nécessité d'une action de "longue haleine" contre les "assassins" de l'EI. Vendredi dernier, des avions de chasse Rafale ont "entièrement détruit", selon Paris, un "dépôt logistique" de la région de Mossoul, dans le nord de l'Irak. D'autres missions de reconnaissance aérienne ont eu lieu depuis, ainsi que des vols en soutien à l'armée irakienne. Mais pour François Fillon, la lutte contre l'Etat islamique ne saurait se limiter à l'Irak. "Depuis plusieurs mois, nous agissons au fil des événements, dans le sillage de nos amis américains", a-t-il déclaré lors du débat ayant suivi le discours de Manuel Valls. "Quel est le but de guerre assigné à nos forces aériennes dans ce conflit ?", s'est-il interrogé. "Est-il raisonnable de considérer que la mission s'arrêtera à la frontière de la Syrie, alors même que les bases arrière de l'Etat islamique sont situées dans ce pays ?" Interrogé en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à New York, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a souligné que rien n'empêchait juridiquement de bombarder les positions de l'Etat islamique en Syrie, mais que la France s'y refusait. Manuel Valls a confirmé que la France préférait se concentrer sur l'appui à l'opposition modérée en Syrie. SOUTIEN ACCRU À L'OPPOSITION SYRIENNE "Nous sommes résolus, avec nos partenaires, à leur apporter un soutien civil et militaire accru", a-t-il précisé. Le Premier ministre a appelé la représentation nationale à apporter "tout le soutien de la Nation aux militaires engagés dans l'opération Chammal", confirmant qu'il était hors de question d'engager des troupes au sol sur le terrain. Il a qualifié l'Etat islamique de "rassemblement d'assassins pour qui la vie humaine est sans valeur". Actif en Irak et en Syrie, le groupe djihadiste est soupçonné de nombreux massacres et de l'assassinat de plusieurs otages occidentaux. "Si nous nous montrons faibles face à cette menace, nous encouragerons ces lâches à poursuivre leur oeuvre de mort. Nous ne faillirons pas et nous ne tremblerons pas", a dit Manuel Valls, alors que la France s'inquiète pour l'un de ses ressortissants pris en otage en Algérie par un groupe ayant fait allégance à l'EI. "Face à la menace, face au chantage, face à la terreur la France ne cède pas. Et c'est ce message que nous devons adresser tous ensemble au monde", a-t-il ajouté, faisant écho à des propos du président François Hollande la veille à New York. "Aider l'Irak, c'est protéger la France", a aussi fait valoir le Premier ministre, rappelant le danger représenté par le nombre croissant de Français désireux d'aller combattre aux côté des militants de l'EI. "Jamais notre pays n'a eu à affronter un tel défi en matière de terrorisme", a-t-il dit, rappelant qu'un millier de "Français ou résidents sont aujourd'hui concernés par les filières syro-irakiennes". Face au défi terroriste qui appelle une action "de longue haleine", le Premier ministre a plaidé pour une "véritable Europe de la défense". "L'Europe ne peut pas remettre sa sécurité à un seul de ses Etats membres, fût-ce la France. C'est pourquoi nous n'abandonnons pas notre volonté de voir progresser une véritable Europe de la défense", a-t-il dit. Outre l'Irak, La France est engagée militairement contre le terrorisme au Mali et en Centrafrique. "Seuls la France et les Etats-Unis sont réellement engagés dans la bataille. Où est l'Europe ?", s'est aussi inquiété François Fillon. L'ancien Premier ministre a par ailleurs confirmé la demande de l'UMP d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur les circonstances de l'arrestation de djihadistes présumés, dont l'arrivée en France en provenance de Turquie a fait l'objet mardi d'un gros cafouillage. ID:nL6N0RP29W (Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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