Irak-Erdogan justifie la présence turque après des combats

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 (Avec démenti de l'armée irakienne §8-9) 
    ANKARA/BAGDAD, 8 janvier (Reuters) - L'attaque que l'Etat 
islamique (EI) avait l'intention de lancer contre une base 
militaire du nord de l'Irak où l'armée turque forme des 
miliciens sunnites montre que cette présence est justifiée, a 
fait valoir vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.  
    Une unité de protection forte de 150 hommes a été déployée 
en décembre près de Bachika, où l'armée turque forme une milice 
irakienne dans le cadre de la lutte contre les djihadistes, mais 
le gouvernement irakien s'est opposé à ce déploiement.  
    Selon son chef, la milice sunnite en question a mené avec 
les forces turques une "opération préventive" contre l'EI à une 
dizaine de kilomètres au sud de la base après avoir observé des 
préparatifs en vue d'une attaque au lance-roquettes.  
    "Nos forces on pu localiser ces roquettes, elles ont donc 
procédé à une frappe préventive", a déclaré Asil al Noudjaïfi, 
ancien gouverneur de Mossoul, la métropole du nord de l'Irak 
tenue par l'EI.  
    "Cette opération s'est achevée sans que la base ait essuyé 
le moindre tir de roquette", a-t-il ajouté. 
    Selon Recep Tayyip Erdogan, 18 membres de l'EI ont été tués 
et l'armée turque n'a subi aucune perte.  
    "L'incident montre que l'initiative de Bachika était bonne. 
Il est clair que nos forces armées présentes là-bas (et) nos 
formateurs sont en permanence prêts à faire face à toute 
éventualité", a-t-il déclaré, s'adressant à la presse à 
Istanbul. 
    L'armée irakienne a toutefois déclaré samedi matin qu'il n'y 
avait eu "aucune attaque terroriste de l'Etat islamique contre 
les forces turques à Bachika récemment", rapporte la télévision 
de Bagdad. 
    "Le commandement des opérations conjointes dément 
(également) ce qui a été relayé par certains médias reprenant le 
président turc à propos de heurts entre les forces turques en 
territoire irakien et les terroristes de Daech, que ce soit à 
Bachika ou dans d'autres régions", peut-on lire dans un bandeau 
diffusé à la télévision irakienne.  
    La semaine dernière, le Premier ministre irakien Haïdar al 
Abadi avait accusé Ankara ne pas avoir respecté l'accord 
prévoyant le départ de ces troupes et le chef de la diplomatie 
irakienne a menacé de recourir à la force pour le faire 
appliquer.  
    Le problème, a poursuivi Erdogan, n'a été soulevé qu'après 
la destruction d'un avion russe par la chasse turque près de la 
frontière syrienne, le 24 novembre.  
    "Ils (les Irakiens) nous ont demandé d'entraîner leurs 
soldats et nous ont désigné ce lieu. Or, comme nous le voyons, 
il y a ensuite eu des problèmes entre la Russie et la Turquie 
(...)", a-t-il souligné, ajoutant qu'Ankara agissait en accord 
avec le droit international.  
    Le camp en question, situé à 140 km de la frontière turque, 
se trouve dans le province de Ninive avec laquelle la Turquie a 
des liens historiques. Les forces irakiennes en ont quant à 
elles été chassées par l'Etat islamique en 2014.        
 
 (Tulay Karadeniz et Stephen Kalin,; Nicolas Delame et 
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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