Irak-Destructions de maisons arabes par les Kurdes-rapport HRW

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 (Actualisé avec réaction des Kurdes) 
    ERBIL, Irak, 13 novembre (Reuters) - Les forces kurdes en 
Irak qui luttent conte l'Etat islamique ont illégalement détruit 
des maisons arabes dans un grand nombre de villes et de villages 
du nord de l'Irak, ce qui pourrait constituer un crime de 
guerre, selon un rapport du groupe de défense des droits de 
l'homme Human Rights Watch (HRW) publié dimanche. 
    L'ONG new-yorkaise fait état de 21 communes dans les 
secteurs disputés des provinces de Kirkouk et Ninive concernées 
par ces "démolitions apparemment illégales" entre septembre 2014 
et mai 2016 . 
    Ces zones sont sur le papier administrées par le 
gouvernement central irakien à Bagdad mais sont de fait passées 
sous le contrôle par le Gouvernement régional du Kurdistan 
(GRK), qui dirige la région autonome du nord de l'Irak. Le GRK a 
accueilli plus d'un million de personnes, principalement des 
arabes sunnites, déplacées par le conflit. 
    Dimanche, le GRK a démenti avoir une politique de 
destruction systématique de l'habitat arabe, tout en précisant 
que les combattants kurdes peshmergas avaient procédé à des 
démolitions pour des raisons de sécurité, par exemple pour 
nettoyer les maisons où des explosifs avaient été dissimulés. 
    Les autorités kurdes ont fait connaître leur intention 
d'inclure les terres reprises à l'Etat islamique dans leur 
région autonome et d'empêcher les habitants arabes de retourner 
vers les régions "arabisées" il y a plusieurs dizaines d'années 
quand Saddam Hussein était au pouvoir. 
    Le rapport de HRW se fonde sur un certain nombre de visites 
sur le terrain et des interviews de plus de 120 témoins et 
responsables. 
    "Village après village dans (les provinces de) Kirkouk et 
Ninive, les forces de l'ordre du GRK ont détruit des maisons 
arabes mais pas celles appartenant aux Kurdes, sans but 
militaire légitime", commente Joe Stork, un des responsables du 
Proche-Orient chez HRW. "Les buts politiques des dirigeants du 
GRK ne justifient pas la démolition illégale de maisons". 
    Les images par satellite permettent de déceler des 
destructions dans 62 autres villages après leur prise par les 
forces kurdes, mais, explique HRW, en l'absence de récits de 
témoins, il est difficile d'en déterminer la cause. 
    Didar Zebari, chef du comité du GRK chargé de répondre aux 
informations venues de l'étranger, explique que les autorités 
kurdes ont mené une enquête minutieuse sur des cas précis. Il 
reconnaît que des habitations ont été détruites 
intentionnellement, notamment en raison de la présence de bombes 
artisanales. 
    "Parfois, nous n'avons pas le choix", dit-il. "Avant 
d'entrer dans un village, on détruit autant qu'on peu pour 
s'assurer que tout est sécurisé." 
 
 (Stephen Kalin; Julie Cariat et Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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