Irak-Des milliers de civils fuient Falloudja par un corridor

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    BAGDAD, 12 juin (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes 
ont commencé à emprunter dimanche un corridor sécurisé par 
l'armée irakienne à partir de la ville de Falloudja tenue par le 
groupe Etat islamique (EI), indique une organisation humanitaire 
norvégienne. 
    Cette voie d'évacuation, baptisée Al Salam Junction, a été 
mise en place samedi au sud-ouest de la ville contre laquelle 
les forces gouvernementales irakiennes ont lancé une offensive 
d'envergure, a précisé le général Yahya Rasool, porte-parole du 
commandement des opérations conjointes. 
    "Il y avait déjà eu des corridors mais celui-ci est le 
premier totalement sécurisé et il est relativement sûr", a 
ajouté le général Rasool. 
    Environ 4.000 personnes ont fui Falloudja au cours des 
dernières 24 heures en empruntant la Al Salam Junction, a 
annoncé un porte-parole du Conseil norvégien pour les réfugiés 
en Irak, l'ONG qui a participé à ces opérations d'évacuation. 
    "Nous nous attendons à ce que des milliers d'autres soient 
en mesure de fuir dans les prochains jours", a-t-il ajouté. 
    Les forces gouvernementales irakiennes ont réussi à déloger 
les combattants de l'EI de la rive occidentale de l'Euphrate qui 
se trouve face au centre de la ville située sur la rive 
orientale du fleuve. 
    Plus de 20.000 personnes ont déjà fui l'agglomération et ses 
environs depuis l'offensive lancée par l'armée irakienne le 23 
mai, précisaient mercredi dernier les Nations unies qui estiment 
à 90.000 le nombre de civils pris au piège dans la ville. 
    Mais l'absence de voie totalement sécurisée rendait la fuite 
extrêment incertaine et dangereuse. Une dizaine de personnes se 
seraient noyées en tentant de franchir le fleuve. 
    Les personnes, qui sont parvenues à rejoindre les positions 
occupées par l'armée régulière, ont raconté avoir marché pendant 
plusieurs jours afin d'éviter les tireurs embusqués et les mines 
dissimulées par les djihadistes le long des axes routiers. 
    Un responsable gouvernemental a reconnu que les combattants 
de l'EI opposaient une résistance farouche à la progression de 
l'armée. 
    Le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi a déclaré que 
les militaires progressaient lentement afin de protéger les 
civils. 
    Dans cette offensive, l'armée irakienne bénéficie d'un 
soutien aérien de la coalition internationale sous commandement 
américain ainsi que de l'appui de milices chiites et de groupes 
tribaux sunnites. 
    Les milices chiites sont déployées derrière la ligne de 
front et ne participent pas directement aux combats afin de ne 
pas exacerber les tensions entre les communautés. 
     
 
 (Ahmed Rasheed et Maher Chmaytelli; Pierre Sérisier pour le 
service français) 
 
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