Irak-Boycott politique des députés sunnites face aux violences

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 (Actualisé avec commentaires d'Abadi et d'une analyste) 
    par Ahmed Rasheed et Saif Hameed 
    BAGDAD, 19 janvier (Reuters) - La séance a été suspendue 
mardi au Parlement irakien, les députés sunnites protestant 
contre les attentats qui visent leur communauté dans l'est de 
l'Irak et qui semblent être des représailles aux bombardements 
du groupe djihadiste sunnite Etat islamique contre les chiites. 
    Les députés se sont brièvement réunis mardi et ont décidé 
d'ajourner les débats jusqu'à jeudi. 
    Dans un communiqué, les élus sunnites appellent le Premier 
ministre Haïdar al Abadi, un chiite modéré, à dissoudre et 
désarmer les milices chiites qu'ils accusent d'être derrière les 
dernières attaques contre la ville de Moukdadiya, située à 80 km 
au nord-est de Bagdad. 
    Selon Raad al Dahlaki et Nahida al Daini, deux députés 
sunnites de la province de Diyala où est située Moukdadiya, 43 
personnes ont été tuées la semaine dernière dans cette ville et 
neuf mosquées attaquées à la bombe incendiaire. Salah Mouzahim, 
un autre député, parle de plus de 40 morts.   
    La montée des violences entre chiites et sunnites représente 
un nouveau défi pour le Premier ministre irakien, qui, tout en 
représentant la majorité chiite, tente de rallier les sunnites 
modérés à la lutte contre les fondamentalistes du groupe Etat 
islamique (EI). 
    "Ces tueries entravent les efforts d'Abadi pour rétablir la 
confiance avec les sunnites, qui est essentielle pour récupérer 
les territoires sous contrôle de l'EI", commente Mona Alami, 
analyste pour Atlantic Council, un groupe d'études basé à 
Beyrouth. 
     
    "CHIFFRE EXAGÉRÉ" 
    Haïdar al Abadi s'est rendu à Moukdadiya mardi. Il s'est 
déplacé à pied dans la ville, entouré de gardes du corps et de 
responsables de la sécurité. Il a critiqué ceux qui, en dehors 
de l'Etat, ont recours à la force, sans faire spécifiquement 
référence aux milices. 
    "Nous considérons toute arme en dehors de ce cadre comme une 
arme (bénéficiant) aux groupes terroristes de Daech" a-t-il 
déclaré, selon un communiqué de ses services. 
    Auparavant, les élus sunnites avaient annoncé le boycott de 
deux séances "pour condamner ce qui se passe à Moukdadiya". 
    "Nous exigeons la dissolution et le désarmement des milices 
(chiites)", indique leur communiqué, lu par le député Ahmed 
Massari. 
    Le ministère irakien de l'Intérieur n'a pas publié de bilan 
des victimes sunnites à Moukdadiya et dans les villages 
alentour. 
    Selon l'organisation Badr, milice chiite soutenue par 
l'Iran, qui est la force de premier plan à Diyala, le nombre de 
victimes cité par les députés sunnites est faux. "Oui, il y a 
des gens qui ont été tués, mais ce chiffre est exagéré", a 
déclaré à Reuters Mohammed Nadji, un des conseillers du chef de 
Badr, Hadi al Amiri. 
    Il explique que les attaques contre les mosquées sunnites 
sont le fait de gens qui veulent attiser les tensions inter- 
communautaires à Diyala. La province, qui relie Bagdad à la 
frontière iranienne, a une population mixte de chiites et de 
sunnites. 
    Les miliciens chiites se sont déployés à Moukdadiya à la 
suite de deux explosions qui ont fait 23 morts dans un café où 
ils avaient l'habitude de se réunir. L'Etat islamique a 
revendiqué l'attentat, en précisant qu'il visait les chiites. 
 
 (Avec Stephen Kalin; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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