Irak: Ban Ki-moon appelle à régler le problème des violences à la source

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi les dirigeants irakiens à régler "à la source" le problème des violences en Irak, où d'importantes zones urbaines échappent au contrôle des autorités depuis près de deux semaines.

"J'exhorte les dirigeants du pays (...) à régler les problèmes à la source", a déclaré Ban Ki-moon à son arrivée à Bagdad pour une visite de deux jours.

"La situation sécuritaire en Irak est sans aucun doute une source de grande préoccupation", a déploré M. Ban lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, se disant "très préoccupé par l'escalade de la violence dans la province d'Al-Anbar".

Dans cette province, des centaines d'hommes armés, dont des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda), ont récemment pris le contrôle de Fallouja et de quartiers de Ramadi, à 60 et 100 km l'ouest de Bagdad.

Déclenchés le 30 décembre par le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, les affrontements à Anbar ont fait plus de 250 morts, selon un décompte de l'AFP fondé sur des sources médicales et officielles.

Lundi, des affrontements ont éclaté entre la police et les insurgés à al-Houmaira, au sud de Ramadi, lorsque les forces de l'ordre ont tenté de rouvrir un commissariat du secteur, selon un journaliste de l'AFP, sans pouvoir dire s'il y avait eu des victimes.

Des combats se poursuivaient également à Al-Boubali et Khaldiyah, entre Fallouja et Ramadi, selon des responsables.

Les autorités ont affirmé avoir rouvert, à hauteur de Ramadi, une portion de la principale autoroute reliant l'Irak à la Jordanie, fermée depuis des mois par des manifestants sunnites dénonçant leur marginalisation par le gouvernement dominé par les chiites.

Liens avec le conflit syrien

Les dirigeants irakiens "doivent s'assurer que personne n'est laissé sur le côté (...), qu'il y a une cohésion politique (...), une cohésion sociale et un dialogue politique global", a insisté M. Ban, dont la dernière visite en Irak remonte à 2012.

"Ce qui se passe dans la province d'Al-Anbar n'a aucun lien avec les problèmes irakiens", a rétorqué M. Maliki.

"Aujourd'hui, il n'y a rien qu'on puisse appeler un dialogue (...). Il n'y a pas de dialogue avec Al-Qaïda et la décision nationale de l'Irak est de mettre fin à Al-Qaïda", a-t-il martelé.

La province d'Al-Anbar, haut lieu de l'insurrection dans les années qui ont suivi l'invasion américaine de 2003, avait été totalement reprise par les forces américaines et irakiennes, en partie grâce au ralliement de tribus sunnites à partir de la fin 2006.

Mais, les fidèles d'Al-Qaïda sont revenus en force, en s'appuyant sur leur forte présence dans le conflit en Syrie voisine et sur le mécontentement croissant de la minorité sunnite.

Pendant sa visite, M. Ban doit rencontrer le vice-président Khoudayr al-Khouzaï, le président du Parlement Oussama al-Noujaïfi, et le chef de la commission électorale, chargé d'organiser les législatives prévues le 30 avril.

La crise à Al-Anbar et la persistance d'un niveau élevé de violences dans le reste du pays constituent les menaces les plus importantes pour M. Maliki à l'approche de ce scrutin.

Lundi, les violences ont aussi frappé d'autres provinces, avec des attentats à Bagdad et une fusillade dans le nord du pays qui ont fait au moins 15 morts, selon des responsables de sécurité et de santé.

En 2013, plus de 7.800 personnes ont été tuées dans les violences selon l'ONU, bilan le plus élevé depuis 2008.

"Il s'agit d'un triste et terrible record qui confirme la nécessité pour les autorités irakiennes de (...) faire cesser cet engrenage infernal", avait déclaré Nickolay Mladenov, représentant de l'ONU en Irak, à l'annonce de ce bilan.

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