Irak-Ankara suspend son déploiement, ne se retirera pas

le , mis à jour à 18:10
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 (actualisé avec précisions du ministère turc des A.E.) 
    par Tulay Karadeniz et Ercan Gurses 
    ANKARA, 8 décembre (Reuters) - La Turquie a interrompu 
dimanche le déploiement de ses troupes dans le nord de l'Irak 
mais ne retirera pas celles qui s'y trouvent déjà, a déclaré 
mardi le ministère turc des Affaires étrangères en assurant 
qu'elles avaient été envoyées avec l'assentiment de Bagdad pour 
contrer le groupe djihadiste Etat islamique. 
    "Etant donné le caractère sensible de ce sujet aux yeux du 
pouvoir irakien, notre ami et frère, nous avons interrompu le 
déploiement de nos forces à Bachika voici deux jours", a dit le 
ministère dans un communiqué. 
    Cette annonce faisait suite à la demande de Bagdad de 
rappeler les militaires turcs envoyés dans les environs de 
Mossoul, grande ville du Nord tenue par l'Etat islamique. 
    Lors d'une conversation téléphonique qu'il a eue lundi soir 
avec son homologue irakien, le chef de la diplomatie turque, 
Mevlut Cavusoglu, a réaffirmé le respect par Ankara de 
l'intégrité territoriale de l'Irak, a dit à la presse le 
porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Tanju 
Bilgic. 
    "Il est inacceptable de penser que la Turquie prendrait des 
mesures qui affaibliraient la souveraineté et l'intégrité 
territoriale de l'Irak, question à laquelle la Turquie est très 
sensible", a déclaré le ministère des Affaires étrangères. 
    Ankara fait valoir que le récent déploiement de ses 
militaires dans le nord de l'Irak entre dans le cadre d'une 
mission de formation et d'équipement des forces irakiennes.  
    "La mission de formation, dans le camp (de Bachika), a 
débuté alors que le ministère irakien de la Défense et la police 
irakienne étaient au courant", a déclaré le Premier ministre 
turc, Ahmet Davutoglu, devant les parlementaires de sa 
formation, l'AKP. 
    Le gouvernement irakien assure de son côté ne jamais avoir 
invité ce contingent et entend porter l'affaire devant les 
Nations unies en cas de non retrait turc. 
    Ahmed Davutoglu a dit mardi vouloir se rendre à Bagdad le 
plus rapidement possible pour tenter d'apaiser les tensions 
bilatérales sur cette affaire. 
     
    PRÉSENCE TURQUE "ILLÉGALE", DIT MOSCOU 
    Les troupes turques sont en Irak pour parer à une éventuelle 
offensive du groupe djihadiste Etat islamique (EI), a estimé 
Ahmet Davutoglu. 
    "Ceux qui interprètent autrement la présence militaire 
turque dans la région de Mossoul se livrent à une provocation 
délibérée", a-t-il dit aux députés AKP. 
    Il a ajouté que les dirigeants turcs avaient envisagé de 
possibles mesures de rétorsion envers la Russie, lors du conseil 
des ministres de lundi, et que des sanctions seraient imposées 
si cela s'avérait nécessaire. 
    "Nous sommes prêts à discuter et à échanger des idées avec 
la Russie mais nous n'accepterons jamais qu'on nous dicte quoi 
que ce soit. Aux sanctions russes nous opposerons nos propres 
sanctions, si nous le jugeons nécessaire", a continué Ahmet 
Davutoglu. 
    La Russie a décrété des sanctions contre la Turquie après la 
destruction en vol par la chasse turque d'un bombardier Soukhoï 
russe, près de la frontière turco-syrienne, le 24 novembre. 
    A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères, cité 
par l'agence de presse RIA, a estimé mardi que la présence de 
forces turques sur le sol irakien sans l'aval de Bagdad était 
"illégale". 
 
 (avec Humeyra Pamuk à Istanbul; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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