Irak-Amiri nie que ses hommes aient commis des exécutions de masse

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BAGDAD, 9 février (Reuters) - Le député et chef paramilitaire irakien Hadi al Amiri a défendu ses miliciens chiites, engagés en première ligne dans la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique, face aux accusations d'exécutions de masse et d'incendies d'habitations, et il a appelé les Etats-Unis à renforcer les capacités militaires de son pays. Amiri, qui est l'un des hommes les plus puissants d'Irak, a déclaré dans une interview accordée ce week-end à Reuters qu'aucun membre des groupes paramilitaires favorables au gouvernement n'avait mis le pied dans le village de Barouanah, où les pires atrocités auraient été commises. Ses affirmations contredisent celles du gouverneur, sunnite, de la province de Diyala, et de certains membres du conseil provincial, selon lesquels des miliciens chiites et des membres des forces de sécurité ont exécuté au moins 72 civils non armés, en janvier, dans cette province de l'est du pays. Cinq témoins interrogés par Reuters le 28 janvier ont également pointé du doigt les milices chiites. Amiri, qui dirige l'Organisation Badr, mouvement politique doté d'une branche armée, est chargé du dossier de la sécurité dans la province de Diyala, ce qui lui donne le contrôle des soldats et des policiers en plus de l'organisation Hachid Chaabi (Comité de mobilisation populaire), qui comprend des paramilitaires et des volontaires. "Je n'ai pas envoyé ne serait-ce qu'un seul membre de Hachid Chaabi dans la zone d'opérations de Barouanah. Il s'agissait peut-être d'habitants du secteur, mais pas de membres de Hachid Chaabi", a-t-il assuré, en ajoutant qu'il avait informé les habitants un mois à l'avance des opérations à venir. "L'élément de surprise est un principe clé de la guerre(...). Nous y avons renoncé pour préserver des vies civiles", a-t-il continué. Selon lui, ce sont les sunnites qui calomnient les Hachid Chaabi, et le massacre présumé de Barouanah est un tissu de "mensonges". "Ces gens-là défendent Daech (le groupe Etat islamique). (...) ils ne veulent pas que Hachid Chaabi libère l'Irak", a-t-il dit à Reuters. Le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi, chiite modéré qui recherche la réconciliation entre communautés sunnite et chiite, a ouvert sa propre enquête sur les accusations et envoyé jeudi son ministre de la Défense, sunnite, à Barouanah. Haïdar al Abadi et le grand ayatollah Ali al Sistani, plus haut dignitaire chiite d'Irak, ont également dénoncé les pillages et l'incendie d'habitations dans des zones récemment prises à l'Etat islamique. (Ned Parker et Stephen Kalin; Eric Faye pour le service français)

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