Ipsen veut se renforcer aux Etats-Unis

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par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Ipsen est prêt à consacrer 600 à 800 millions d'euros à des acquisitions ciblées ou à des partenariats pour se renforcer aux Etats-Unis, premier marché mondial de la pharmacie, a déclaré à Reuters son PDG, Marc de Garidel.

Le groupe, dont l'activité est centrée sur l'endocrinologie, avec la Somatuline, la neurologie avec le Dysport et l'uro-oncologie avec le Décapeptyl, ne réalise actuellement que 10% de ses ventes aux Etats-Unis contre 50% en Europe et 40% dans les pays émergents.

"Ipsen pourrait consacrer une enveloppe de 600 à 800 millions d'euros pour réaliser des acquisitions ou des partenariats. Nous avons l'intention de réaliser des acquisitions ciblées. Un ordre de grandeur est aux alentours de 300 millions. C'est un prix indicatif", a souligné le PDG.

"Le grand défi pour Ipsen est de rééquilibrer sa présence géographique vers les Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Ce projet s'inscrit dans le cadre du plan stratégique à cinq ans, présenté en juillet dernier, qui vise à atteindre 1,8 à deux milliard d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2020 (contre 1,3 milliard en 2014) et une marge opérationnelle courante supérieure à 26% (20,4% en 2014).

Selon Marc de Garidel, ces acquisitions devront permettre d'apporter des "produits complémentaires, très différenciés dans les maladies que nous servons aujourd'hui ou proches médicalement".

Le groupe compte sur la Somatuline, qui est actuellement le seul traitement autorisé aux Etats-Unis pour soigner les tumeurs neuroendocrines, pour s'ancrer durablement sur le continent américain. La part de marché de ce médicament est actuellement de 10% aux Etats-Unis contre 45% en Europe.

"Entre 10 et 45%, il y a un marge pour augmenter le chiffre d'affaires de la Somatuline de manière conséquente aux Etats Unis", souligne Marc de Garidel , pour qui les ventes de ce traitement devraient atteindre au moins 100 millions de dollars cette année.

"Le lancement de la Somatuline aux Etats-Unis, avec 18 mois d'avance, va permettre à la filiale américaine d'Ipsen de gagner de l'argent sur le dernier trimestre 2015 et de rééquilibrer le poids géographique des Etats Unis", a précisé le PDG, qui a précisé que des partenariats pourraient être annoncés d'ici la fin du premier semestre 2016.

Pour se renforcer aux Etats-Unis, Ipsen compte également sur sa toxine botulique Dysport, qui a obtenu en juillet dernier le feu vert des autorités américaines (FDA) pour le traitement de la spasticité des membres supérieurs chez l'adulte. Le marché américain pour cette indication pèse 400 millions de dollars.

Marc de Garidel a souligné par ailleurs que le contrôle du groupe par la famille Mayroy était un gage de stabilité pour Ipsen.

"Un des avantages d'Ipsen est d'être détenu par une famille (les descendants du fondateur Henri Beaufour) qui possède 52% du capital et 75% des droits de vote. C'est un actionnaire à long terme qui n'a pas l'intention de vendre", a-t-il souligné.

Vers 12h55, le titre Ipsen se traitait à 59,7 euros (+1,1%), faisant ressortir une capitalisation boursière de près de cinq milliards d'euros (+39% depuis le début de l'année).

(Noëlle Mennella, édité par Jean-Michel Bélot)

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