Investir ses économies dans les entreprises de votre région

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Plutôt que d'épargner sur un livret A ou un Livret B classique, des alternatives s'offrent à vous : les livrets d'épargne à vocation régionale.

Connaissez-vous les livrets d'épargne à vocation régionale? Pas vraiment? Pourtant, ils fleurissent un peu partout en région depuis deux ans sous la houlette des banques mutualistes (Crédit agricole, Crédit mutuel, Banque populaire ou encore Caisse d'Epargne). Leur objectif est simple: permettre aux épargnants de soutenir directement le développement de leur territoire, la collecte servant par exemple à financer de jeunes créateurs d'entreprise. C'est tout l'objet du compte sur livret régional que vient de lancer la Caisse d'Epargne. «Les fonds de ce compte sur livret peuvent être orientés vers le logement, la santé, les initiatives locales, les services à la personne et l'économie numérique, voire à des projets relatifs à la transition énergétique et au développement durable des territoires», explique Fabrice Labarrière, directeur du marché des particuliers à la Caisse d'Epargne. «Dans quelques mois, nous fournirons d'ailleurs aux épargnants une information précise sur les projets locaux financés grâce à ce livret.»

Rien de révolutionnaire, pourtant, dans ces livrets: leurs caractéristiques sont identiques à celles d'un ­Livret B. Il est possible d'en ouvrir un avec seulement 10 ¤. Dans certaines banques régionales, l'épargne est plafonnée, dans d'autres pas. Elle est sécurisée et disponible à tout ­moment, sachant qu'il faut toujours laisser au moins 10 ¤. Ces livrets subissent la fiscalité du Livret B classique. Quant à la rémunération, elle varie aussi selon la banque régionale, mais reste relativement proche du Livret A. Le produit n'a donc rien de très «sexy». Pourtant, il rencontre un réel succès. En ­témoigne le Compte sur livret régional de la Caisse d'Epargne. «Après trois semaines de lancement, la collecte atteignait déjà 60 millions d'euros», se réjouit Fabrice Labarrière. Même son de cloche en région. «Depuis fin mars, nous comptabilisons 900 comptes sur livrets régionaux ouverts avec en moyenne 2 400 ¤ par livret, ce qui représente une ­collecte de 2,3 millions d'euros», commente de son côté Laurent Soler, secrétaire général de la Caisse d'Epargne d'Auvergne et du Limousin. Il est vrai que, pour le lancement de ce compte sur livret régional, cette caisse propose une rémunération de 2 % jusqu'au 30 juin prochain. Ensuite, le taux retombera à 1,25 %. De fait, qu'est-ce qui motive les épargnants? «Ils sont attachés à leur territoire, veulent donner du sens à leur épargne et sont heureux de savoir qu'ils ­financent l'économie de leur région via le financement de secteurs ­d'activité, de jeunes créateurs d'entreprise...», indique Nicolas Poughon, directeur marketing de la Banque populaire des ­Alpes qui a créé, fin 2012, Alp'Industrie. Avec ce livret, un euro épargné égale un euro prêté aux industries de la région. «Au moment du lancement, on avait annoncé, sans savoir ce que donnerait la collecte, que nous réinjecterions 100 millions d'euros de prêts aux entreprises de notre ­région. Sur un an, on a finalement collecté 120 millions d'euros d'épargne et aujourd'hui, après 18 mois, nous atteignons 170 millions d'euros», poursuit Nicolas ­Poughon. Une collecte particulièrement dynamique dans les régions à vocation industrielle (région annécienne, ­vallée de l'Arve, notamment). Le Livret Alp'Industries fonctionne également comme un Livret B (10 ¤ minimum, fonds disponibles...). Sa rémunération s'établit à 1,75 % avant ­impôt, ce qui correspond peu ou prou à la rémunération du Livret A. Alp'Industrie trouve notamment son pendant avec le Livret Investissement local de la Banque populaire Atlantique et le Livret 100 % Bourgogne/Franche-Comté/Pays de l'Ain de la Banque populaire Bourgogne Franche-Comté ou encore avec le Livret 100 % ­région que vient de lancer la Banque populaire Loire et Lyonnais. Les capitaux collectés sont redistribués sous forme de prêts à des entreprises, des artisans ou commerçants locaux désireux de créer ou développer leur activité et ainsi maintenir et dynamiser la création d'emplois dans leur région. Même vocation pour le Livret Sociétaires du Crédit agricole mis en place depuis 2012 et grand leader de ce marché. «Le développement des territoires fait partie de nos gênes, mais nous voulions renforcer notre implication à travers ce livret», note Christian Rault, responsable épargne et assurance de Crédit agricole SA. Et, en moins de deux ans, la banque verte a récolté 5 milliards d'euros grâce à ce livret souscrit par un million de sociétaires (sur les 7 millions que compte la banque). Il est vrai que la rémunération du produit oscille entre 1,50 et 2 % selon les caisses régionales. Si la banque contribue au financement d'activités économiques de moins de 5 ans, elle ne privilégie aucun ­secteur d'activité. L'intérêt du produit tient aussi au fait qu'il introduit une part d'économie solidaire. «On a aussi voulu que ce livret génère des tookets, une monnaie virtuelle associative et solidaire qui permet à l'épargnant de cumuler des points et de faire des versements à une association locale de son choix», poursuit Christian Rault. Avec son ­Livret d'épargne pour les autres, le Crédit mutuel n'est pas en reste. Distribué dans trois fédérations (Bretagne, Sud-Ouest et Massif central), lui aussi est solidaire. «A travers ce livret, la collecte profite à la fois aux entreprises et aux associations», explique Caroline Bosser de la direction marketing du service projets d'avenir et seniors au Crédit mutuel de Bretagne. L'épargnant s'engage, en effet, à reverser une partie des intérêts (de 50 à 100 %) à une ou plusieurs associations (Amnesty international, Croix-Rouge, Armée du salut...). Autre intérêt du produit? Sa rémunération s'établit à 1,90 % brut et, sur la part reversée aux associations, la fiscalité est réduite.

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