Investir dans une poule pour contrer la crise

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Face à la flambée des prix des ?ufs, cette tendance tant économique qu'écologique séduit de plus en plus de citadins.

Un air de campagne en ville. À l'heure où les prix des œufs s'envolent en raison d'une mise aux normes européennes des cages des poules pondeuses faisant craindre une pénurie, une idée refait surface: investir dans un gallinacé pour avoir des œufs frais, et moins chers à produire chez soi qu'à acheter. Venue d'Amérique du Nord, cette tendance qui peut sembler loufoque touche la France depuis quelques années déjà. Preuve de l'engouement pour l'animal depuis la crise, l'enseigne de jardinerie spécialisée Truffaut confie avoir vendu près de 20.000 poules et poussins l'an dernier et avoir constaté un doublement de ses ventes chaque année depuis 2009.

Élever une poule en milieu urbain peut en effet rapporter gros. Achetée entre 10 et 15 euros, bien nourrie au blé ou au maïs et élevée à l'air libre, une poule peut pondre jusqu'à 280 œufs frais par an. Quand on sait que le prix de la boîte de six œufs a augmenté de 60% en 10 ans, on peut raisonnablement parler de poule aux œufs d'or! Au moment où le pouvoir d'achat stagne, c'est un argument de poids pour qui veut réduire sa facture au supermarché. Encore faut-il disposer d'assez d'espace dans son jardin ou sur sa terrasse pour installer un poulailler car comme l'explique Francis Damay, le président du Comité national pour a promotion de l'œuf (CNPO), «une poule a besoin de bonnes conditions d'élevage pour pondre régulièrement». Comme tout animal domestique, elle a besoin d'une alimentation équlibrée et un environnement chaud et sec la nuit.

Des œufs frais... à peu de frais

Pionniers en la matière, les New Yorkais avaient choisi la voie de l'autosuffisance en matière d'œufs à la faveur de la crise. Mais au-delà de l'aspect purement économique, les particuliers plébiscitent aussi un retour à la nature et la volonté de mieux contrôler leur alimentation. À l'instar des ruches en agglomération, comme sur les toits de l'Opéra Garnier à Paris, les villes se veulent de moins en moins déconnectées de la campagne. Et la dimension écologique est aussi manifeste. Appréciant les déchets organiques, les poules sont de véritables composts sur pattes.

Dernier argument en faveur de la poule chez soi, elle peut jouer un rôle pédagogique auprès des enfants en leur faisant découvrir le cycle naturel de production et d'alimentation.

L'idée fait son chemin au point que certaines villes prennent des initiatives en la matière. Dernier exemple en date, la commune de Pincé, dans la Sarthe, va proposer d'offrir deux poules pondeuses aux foyers qui en feront la demande. Cette opération, déjà expérimentée dans la ville de Mouscron, en Belgique, a pour but de réduire les déchets et donc les dépenses de ramassage des ordures ménagères.

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  • denisam1 le samedi 31 mar 2012 à 16:16

    GOBER GOBER bientôt place aux couleuvres