Introductions en Bourse (IPO) : Un vent porteur

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Cette année au niveau mondial, 5.000 IPO vont se partager 300 milliards de dollars d'émissions d'actions.
Cette année au niveau mondial, 5.000 IPO vont se partager 300 milliards de dollars d'émissions d'actions.

Le millésime 2014 des introductions en Bourse a démarré en fanfare. Si l'éditeur du célèbre jeu Candy Crush (King Digital Entertainment) entre en Bourse mercredi 26 mars, la prudence s'impose. Les IPO (Initial public offering) les plus médiatisées ne font pas forcément les meilleures affaires.

Candy Crush débarque à Wall Street. C'est une introduction en Bourse qui ne passera pas inaperçue tant ce jeu addictif compte d'adeptes à travers le monde (près de 100 millions de joueurs quotidiens en février). Téléchargeable gratuitement sur internet, le jeu a tout de même rapporté en 2013 un chiffre d'affaires de 1,9 milliards de dollars (grâce aux options payantes) à King Digital Entertainment. L'éditeur du jeu basé à Dublin a développé des dizaines d'autres jeux pour internet mais Candy Crush représente les 3/4 de son chiffre d'affaires. King Digital Entertainment espère lever environ 500 millions de dollars pour une valorisation estimée à 7 milliards de dollars ! Un pari risqué ne reposant que sur le succès forcément éphémère d'un jeu. La plupart des analystes de Wall Street recommandent d'ailleurs la prudence. « Attention aux IPO trop médiatiques comme King Digital. Plus on en parle, plus la valorisation est élevée et la déception probable. Nous restons à l'écart de King Digital même si le niveau de valorisation par rapport à Zynga (l'éditeur de jeux introduit en 2011 avant de pérécliter) reste raisonnable : 6,5 fois l'Ebitda 2015 » assure Cédric Chaboud, gérant du fonds Skylar Origin chez SPGP, un fonds dédié aux IPO. Parmi les IPO les plus attendues des prochaines semaines, CBS Outdoor Americas, spécialisée dans l'affichage et filiale du groupe de médias, devrait lever plus de 500 millions de dollars ou encore IMS Health Holdings, société de conseil spécialisée dans l'industrie de santé, pourrait récolter 1,2 milliard de dollars.

Au niveau mondial, les chiffres donnent le tournis : en rythme annuel, 5.000 IPO devraient se partager 300 milliards de dollars d'émissions en 2014. La frénésie qui touche Wall Street se répercute aussi en Europe après plusieurs années de crise et de vaches maigres sur ce terrain. « Une liste d'attente colossale s'est constituée sur les marchés européens depuis sept ans et nous ne sommes qu'à l'aube de ce redémarrage. La Bourse devient une évidence pour des entreprises en développement qui ne peuvent pas forcément compter sur le financement bancaire et les fonds de private equity. Ce phénomène devrait se poursuivre pendant plusieurs années et ouvre des opportunités aux investisseurs. Les entreprises qui arrivent en Bourse le sont en moyenne avec une décote de valorisation de 15-20% » avance Cédric Chaboud.

La folie des biotechs

A la Bourse de Paris, on attend cette année plusieurs opérations phares : Euronext, Alstom Transport (spin off du groupe de transport et d'énergie), Coface etc. En attendant, les introductions se concentrent tout particulièrement sur le secteur des biotechs pour des montants qui restent très modestes. Investir dans une biotech (ou une medtech) est un pari sur l'avenir à l'image de l'IPO de Carmat en 2010. Le concepteur emblématique du premier c½ur artificiel au monde abandonne 25% depuis le début de l'année après le décès de son premier patient. La plupart des biotechs qui arrivent en Bourse perdent de l'argent et ne génèrent pratiquement pas de chiffres d'affaires car développant des produits en phase de recherche clinique. Si le momentum boursier est favorable, il convient toutefois de rester extrêmement sélectif et prudent dans ses choix d'investissement.

On relèvera l'IPO de Crossject, une medtech développant un dispositif de seringue sans aiguille, qui a levé 17 millions d'euros. McPhy Energy, un spécialiste du stockage solide de l'hydrogène - une technologie qui vise à exploiter de manière plus efficiente les énergies renouvelables - a de son côté levé 32 millions d'euros et l'offre a été sursouscrite 8,6 fois. Du côté des biotechs pures, les opérations se succèdent, notamment dans le domaine de l'oncologie (traitement des cancers) : Oncodesign, Genomic Vision, Genticel etc.

Pour les valeurs déjà présentes en Bourse, certaines biotechs profitent également de la bonne conjoncture boursière pour faire appel au marché : Nanobiotix (utilisation des nanoparticules contre le cancer) vient de lever 28 millions d'euros après avoir publié des résultats cliniques prometteurs (le cours de l'action a triplé depuis le début de l'année !). Quant à Transgene, cette filiale de l'Institut Mérieux (produits d'immunothérapie contre le cancer) a réussi son augmentation de capital en levant plus de 65 millions d'euros. « Certains particuliers ou fonds spécialisées viennent sur ce secteur mais nous le déconseillons car le profil d'investissement reste trop risqué » estime Cédric Chaboud qui préfère jeter son dévolu sur AwoX, une entreprise française pionnière en Europe des objets connectés et qui veut lever 17 millions d'euros, ISS, un spécialiste danois de l'outsourcing, ou encore Pets At Home, une société britannique dédiée à la distribution d'objets pour animaux. Un secteur qui ne connaît pas la crise...

Julien Gautier

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  • faites_c le vendredi 28 mar 2014 à 14:01

    "Les entreprises qui arrivent en Bourse le sont en moyenne avec une décote de valorisation de 15-20% » avance Cédric Chaboud." Encore un brillant théoricien qui doit faire partie du groupe TEC! On nous parle de l'introduction en bourse de King mais on oublie dans la foulée de compléter l'article pour indiquer que l'IPO a fait un magnifique flop et que le 1er jour de cotation s'est terminé par une baisse de 20% du cours d'introduction!!!

  • BigBrokR le jeudi 27 mar 2014 à 12:31

    Rappelez-vous: IPO = It's Probably Overpriced

  • chance21 le jeudi 27 mar 2014 à 10:04

    Je n'avais encore jamais entendu parler de cette nouvelle niaiserie, il a fallu une introduction en bourse pour que ce nom arrive à mes oreilles, preuve en est que cette IPO est encore une arnaque à la bulle boursière.Chers épargnants si vous avez envie de perdre votre argent et faire un remake de 2001, allez y achetez, c'est à la mode paraît-il.