Intervention meurtrière contre les pro-Morsi au Caire

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HEURTS MEURTRIERS EN ÉGYPTE
HEURTS MEURTRIERS EN ÉGYPTE

par Tom Perry et Maggie Fick

LE CAIRE (Reuters) - Au moins 70 personnes ont été tuées lors de l'intervention des forces de sécurité égyptiennes contre les campements installés dans le nord du Caire par des partisans du président déchu Mohamed Morsi, samedi matin.

Gehad El Haddad, porte-parole des Frères musulmans dont Mohamed Morsi était le candidat lors de l'élection présidentielle en 2012, a raconté que les violences se sont produites aux abords du sit-in que les pro-Morsi observent de manière continue depuis le 3 juillet près de la mosquée Rabaa al Adaouia.

"Ils ne tirent pas pour blesser, ils tirent pour tuer", a déclaré El Haddad, précisant que les victimes étaient le plus souvent touchées à la tête ou à la poitrine.

L'antenne égyptienne de la chaîne de télévision Al Djazira a fait état de 120 tués et de plus de 4.500 blessés.

Des journalistes sur place ont rapporté que des coups de feu continuaient à résonner plusieurs heures après le début de l'intervention des forces de l'ordre.

"J'ai essayé de convaincre les jeunes de se replier. En vain. Ils disent qu'ils sont prêts à payer avec leur sang et ils ne veulent pas se retirer", a déclaré Saad al Hosseini, membre de la confrérie.

"C'est la première tentative pour dégager (le quartier de) Rabaa al Adaouia", a-t-il ajouté.

Partisans et adversaires de Mohamed Morsi ont organisé vendredi de grands rassemblements réunissant chacun plusieurs centaines de milliers de personnes, signe d'une profonde division de la société égyptienne.

Les violences récurrentes qui endeuillent l'Egypte depuis la reprise en main menée par les soldats le 3 juillet ont fait plus de 200 morts.

Le chef de l'état-major, le général Abdel Fattah al Sissi, artisan de la destitution de Mohamed Morsi, a appelé les Egyptiens à se rassembler vendredi pour donner mandat aux soldats de réprimer "la violence et le terrorisme".

Des milliers d'Egyptiens ont répondu à son appel, mais les partisans de Morsi ont répliqué en organisant des contre-manifestations exigeant le retour du premier chef de l'Etat démocratiquement élu en Egypte.

"AGRESSION BRUTALE"

El Haddad a raconté que les policiers ont procédé à des tirs de grenades lacrymogènes vers 03h00 en direction des manifestants.

"Les balles ont commencé à siffler à travers la fumée des gaz (lacrymogènes)", a-t-il dit. Des unités des forces spéciales de la police vêtues d'uniformes noirs ont ensuite ouvert le feu à balles réelles.

Des tireurs embusqués se trouvaient sur les toits de l'université et des immeubles ainsi que sur un pont, a-t-il encore dit.

L'agence de presse Mena, citant une source non identifiée au sein des services de sécurité, a rapporté que seules des grenades lacrymogènes ont été tirées.

Les partisans de Morsi ont répliqué en lançant des pierres tandis que devant la mosquée un responsable appelait au repli des manifestants.

"Les hommes sont restés pour se défendre car il y avait des femmes et des enfants dans le sit-in", a précisé El Haddad.

C'est la deuxième fois que se produisent des violences meurtrières de masse dans ce quartier de Rabaa.

Une cinquantaine de partisans des Frères musulmans avaient été tués par des tirs des forces de sécurité le 8 juillet dernier aux abords de la caserne de la Garde républicaine, cinq jours après la destitution du chef de l'Etat islamiste.

"Cela a été encore plus brutal parce que la Garde républicain menait une opération stratégique. Cette fois, il s'agissait simplement d'une agression violente", a-t-il dit.

Le ministre de l'Intérieur du gouvernement de transition, Mohamed Ibrahim, avait annoncé vendredi que le sit-in des partisans de Mohamed Morsi "devait prendre fin prochainement et de manière légale".

Plus de 200 personnes - des pro-Morsi en majorité - ont trouvé la mort dans des violences politiques depuis la destitution de Mohamed Morsi le 3 juillet.

Jean-Stéphane Brosse et Pierre Sérisier pour le service français

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  • dsta le samedi 27 juil 2013 à 11:01

    Tout va mieux que bien depuis les "printemps arabes"...! On voit ce qu'ils sont capables de faire, même dans leurs propres pays !

  • raich2 le samedi 27 juil 2013 à 10:08

    Egypte ou Tunisie, les révolutions arabes finissent en guerre civile, car démocratie et religion ne font pas bon ménage.