Intervention en vue au Caire contre les pro-Morsi

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LA POLICE ÉGYPTIENNE POURRAIT INTERVENIR CE LUNDI POUR DISPERSER LES PRO-MORSI
LA POLICE ÉGYPTIENNE POURRAIT INTERVENIR CE LUNDI POUR DISPERSER LES PRO-MORSI

par Yasmine Saleh

LE CAIRE (Reuters) - La police égyptienne pourrait intervenir dès l'aube lundi pour disperser les rassemblements de soutien au président déchu Mohamed Morsi, a-t-on appris dimanche de sources proches du gouvernement et de la sécurité.

Les partisans du président issu des Frères musulmans campent sur deux sites du Caire depuis sa destitution par les militaires, le 3 juillet.

Les médiateurs occidentaux et arabes et certains membres du gouvernement égyptien ont tenté de persuader l'armée d'éviter l'usage de la force pour les disperser, qui risquent de déclencher une nouvelle escalade de la violence.

"Les forces de sécurité de l'Etat seront déployées autour des sit-in à l'aube pour entamer les procédures qui pourraient conduire à une dispersion", a déclaré une source haut placée des services de sécurité.

Une autre source a déclaré que la décision de passer à l'action juste après la fin des célébrations de l'Aïd el Fitr, les quatre jours qui suivent la fin du mois de jeûne du ramadan, avait été adoptée à l'issue d'une réunion entre le ministre de l'Intérieur et ses conseillers.

Les autorités transitoires égyptiennes, qui ont proclamé mercredi l'échec des efforts de médiation internationaux, ont appelé à plusieurs reprises les manifestants pro-Morsi à mettre fin à leur mouvement et ont prévenu qu'elles emploieraient si nécessaire la force pour les disperser, mais le pouvoir a respecté la trêve de l'Aïd el Fitr.

Aucune violence n'a ainsi troublé le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de partisans de Mohamed Morsi qui ont afflué dès jeudi devant la mosquée Rabaa al Adaouia, leur principal lieu de mobilisation au Caire.

FEMMES ET ENFANTS

La veille, le Premier ministre par intérim, Hazem el Beblaoui, avait appelé les soutiens de Mohamed Morsi à quitter rapidement leurs deux camps de la capitale, déclarant que la patience du gouvernement était "pratiquement épuisée".

Le général Abdel Fattah al Sissi, chef d'état-major des armées et homme fort du nouveau régime, fait l'objet de pression de la part des officiers les plus "durs" pour en finir avec les campements, dit-on de sources sécuritaires.

Les partisans du président islamiste déchu ont transformé leurs deux campements en véritables forteresses, avec des sacs de sable et des tas de gros rochers disposés tout autour.

Les sites improvisés, où sont aussi présents des femmes et des enfants, sont gardés 24 heures sur 24 par des bénévoles arborant des casques de moto et armés de bâtons.

La plupart des pro-Morsi présents dans les camps demeuraient dimanche soir dans une posture de défi face au pouvoir et consacraient leur temps à lire le Coran et à écouter les prêches de responsables des Frères musulmans et de religieux.

Certains ne cachaient toutefois pas leur nervosité, redoutant une intervention des forces de l'ordre d'une minute à l'autre.

"Ils ont coupé le courant", a affirmé un protestataire joint par téléphone, une affirmation démentie par le gouvernement qui a expliqué dans un communiqué que la panne qui a plongé dans le noir le site de Rabaa al Adouia était purement fortuite.

Par ailleurs, des milliers de partisans de Mohamed Morsi ont rallié le camp de la mosquée Rabaa al Adaouia à partir du deuxième site, celui de la place Nahda, près de l'université du Caire.

"Oui, oui à notre président Morsi!", scandait le cortège en brandissant des drapeaux égyptiens et des portraits du "raïs" déposé le 3 juillet.

Les deux campements constituent, de l'avis de beaucoup, l'ultime carte dans les mains des Frères musulmans, très affaiblis par la perte du pouvoir et impopulaires dans l'opinion publique.

Yasmine Saleh; Henri-Pierre André, Marc Angrand et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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