Interrogations sur le sort de deux otages de l'Etat islamique

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par Suleiman Al-Khalidi et Linda Sieg AMMAN/TOKYO, 30 janvier (Reuters) - Le Japon travaillait activement avec la Jordanie vendredi à la recherche d'informations sur le sort de son journaliste otage de l'Etat islamique au lendemain de l'expiration de la date-limite fixée pour sa libération en échange d'une djihadiste irakienne. Tous les efforts sont faits pour assurer la libération du journaliste Kenji Goto, a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe. "Nous rassemblons et analysons des informations tout en demandant la coopération de la Jordanie et d'autres pays, faisant tout notre possible pour libérer Kenji Goto", a dit le chef du gouvernent japonais à une commission parlementaire. La Jordanie a pour sa part indiqué jeudi qu'elle détenait toujours l'Irakienne dont l'Etat islamique exigeait la libération avant jeudi soir sous peine d'exécuter un pilote de l'armée de l'air jordanienne capturé fin décembre. Dans un message audio mis en ligne jeudi matin, et semble-t-il lu par le journaliste Kenji Goto, otage de l'Etat islamique depuis octobre, l'organisation sunnite fondamentaliste menaçait d'exécuter le pilote jordanien, Mouath al Kassaesbeh, si l'Irakienne Sadjida al Richaoui, n'était pas libérée avant "le coucher du soleil". Celle-ci, condamnée à mort en lien avec un attentat suicide qui a fait 60 morts à Amman en 2005, est détenue dans une prison jordanienne. Le message de jeudi annulait une précédente date butoir contenue dans une vidéo diffusée mardi. Dans cet enregistrement, le journaliste japonais disait qu'il serait tué dans les 24 heures si Sadjida al Richaoui n'était pas libérée. Cette crise des otages intervient alors que l'EI, qui a déjà diffusé des vidéos de la décapitation de cinq otages occidentaux, est sous le feu des frappes aériennes de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. L'EI est aussi menacé par les soldats kurdes et irakiens qui tentent de lui faire perdre du terrain en Syrie et en Irak. LA PREUVE Environ une heure avant l'expiration de la nouvelle date limite jeudi soir, le porte-parole du gouvernement jordanien avait indiqué que Sadjida al Richaoui était toujours détenue par la Jordanie. "Nous voulons la preuve (...) que le pilote est vivant de façon à ce que nous puissions continuer ce que nous avons dit hier - échanger la prisonnière contre notre pilote", a déclaré Mohammad al Momani à Reuters. Mouath al Kassaesbeh a été capturé après le crash de son avion en décembre dans le nord-est de la Syrie lors d'une mission de bombardement contre l'Etat islamique. Le porte-parole a indiqué par ailleurs que la Jordanie travaillait en coordination avec les autorités japonaises pour faire libérer Kenji Goto, reporter de guerre expérimenté. Dans le dernier enregistrement audio de jeudi, Kenji Goto disait que Mouath al Kassaesbeh serait tué "immédiatement" si Sadjida al Richaoui ne se trouvait pas à la frontière turque jeudi au coucher du soleil heure irakienne, prête à être échangée contre lui-même. Ce message suggérait que le pilote jordanien ne faisait pas partie de l'échange. Vendredi, le ministre japonais des Affaires étrangères Fumio Kishida a dit aux journalistes que Tokyo avait demandé à la Jordanie de renforcer la protection de ses diplomates dans le pays vendredi, jour de l'anniversaire du roi Abdallah. Kenji Goto était arrivé en Syrie fin octobre. Selon ses amis et ses associés, il voulait tenter de faire libérer son ami Haruna Yukawa, capturé en août 2014 par l'Etat islamique et semble-t-il récemment décapité. (Danielle Rouquié pour le service français)

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