Interpol réclame l'arrestation de Paul Watson

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Illustre protecteur de la biodiversité marine, le capitaine Paul Watson est activement recherché.
Illustre protecteur de la biodiversité marine, le capitaine Paul Watson est activement recherché.

L'étau se resserre encore un peu plus autour du président-fondateur de Sea Shepherd, toujours introuvable à l'heure où nous écrivons ces lignes.



N'est-ce pas un tantinet paradoxal ? L'organisation policière s'est récemment illustrée en réalisant deux jolis coups de filet, sauvant d'une mort certaine plusieurs milliers de spécimens appartenant pour la plupart à des espèces menacées, et la voilà qui demande l'arrestation d'une figure de la défense de la biodiversité marine.


Rappelons que M. Watson a été appréhendé mi-mai à l'aéroport de Francfort (Allemagne), alors qu'il était en transit, incarcéré puis libéré quelques jours plus tard moyennant une caution de deux cent cinquante mille euros. Sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par le Costa Rica, qui l'accuse d'avoir mis en danger l'équipage du bateau de pêche Varadero lors du tournage du film-documentaire Les Seigneurs de la Mer, un opus qui a le mérite de dénoncer le caractère insoutenable du shark finning - pratique ultra-courante consistant à découper les ailerons des requins pour ensuite rejeter les squales à la mer, dans laquelle ces derniers finissent par trépasser après avoir souffert le martyr -, le capitaine avait l'obligation de se rendre deux fois par jour au commissariat dans l'attente du verdict de la Cour d'appel. Il a fini par y déroger, comme s'il savait qu'elle allait requérir son extradition.


Ayant ouvertement fait part de ses craintes quant à sa sécurité, M. Watson, selon lequel le Japon ? qui ne lui pardonnerait pas les campagnes fructueuses de Sea Shepherd contre la chasse à la baleine - est à l'origine du lancement de la machine judiciaire, ne s'est plus présenté aux contrôles depuis le 22 juillet dernier et a quitté l'Allemagne pour une destination officiellement inconnue. Il serait néanmoins très étonnant que ses troupes ignorent où il a trouvé refuge.


Injustice morale


Le capitaine vient de sortir de son silence, s'exprimant sur le site Internet de l'ONG. « Je suis en ce moment dans un endroit de la planète où je me sens à l'aise et en sécurité, loin des magouilles des dirigeants qui ont fermé les yeux sur l'exploitation de nos océans », a-t-il indiqué, fidèle à son style vindicatif et ne cachant pas son ressentiment envers le gouvernement allemand, qui d'après lui « a comploté avec le Japon et le Costa Rica pour (le) mettre en détention, afin qu('il) puisse ensuite être remis aux Japonais ».


Ainsi le capitaine n'en démord pas : à ses yeux, ses déboires actuels sont en réalité le fait de Tokyo, qui aurait instrumentalisé les autorités costaricaines et allemandes pour le mettre hors d'état de nuire. Une thèse qui semble recevable, le Japon ayant courant 2010 sollicité l'appui des États-Unis pour renverser Sea Shepherd dans l'illégalité.


Interpol, elle, a justifié sa position après avoir opposé une fin de non-recevoir à une première requête d'émission d'une Notice rouge contre M. Watson en invoquant laconiquement des « informations supplémentaires fournies par le Costa Rica », sans plus de précisions pour le moment. L'organisation ne lâchera sans doute pas sa « proie » facilement et un homme qui a consacré sa vie à la sauvegarde d'écosystèmes marins se retrouve pris dans un engrenage dont il aura toutes les peines du monde à sortir.


Sur le plan moral au moins, l'injustice est criante.


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