Interpellé au Sénat, Bolloré défend la "diète" chez Canal+

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    par Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain 
    PARIS, 22 juin (Reuters) - Pris à partie par les sénateurs 
sur l'avenir de Canal+, numéro un de la télévision payante dans 
la tourmente, son propriétaire Vincent Bolloré a défendu 
mercredi le traitement de choc imposé depuis un an à la chaîne 
cryptée, assurant qu'il commençait à porter ses fruits. 
    Face à l'érosion du parc d'abonnés et à l'accélération des 
pertes financières, le président du conseil de surveillance de 
Vivendi  VIV.PA , maison mère de Canal+, a remanié en 
quasi-totalité l'état-major de Canal+, imposé une cure 
d'austérité à tous les étages et engagé une refonte des offres 
tarifaires. 
    Les mauvaises audiences d'émissions phares comme "Le Grand 
Journal", les départs en série d'animateurs et de dirigeants 
clés et le veto de l'Autorité de la concurrence à un partenariat 
présenté comme vital avec beIN Sports ont toutefois jeté le 
doute sur la stratégie du milliardaire breton, principal 
actionnaire de Vivendi avec plus de 15% du capital.     
    "Je pense qu'en réalité Canal est redressé. Les résultats 
seront assez visibles assez rapidement", a expliqué Vincent 
Bolloré lors de sa première audition devant la commission de la 
Culture, de l'Education et de la Communication du Sénat. 
    Il a notamment évoqué une hausse importante des recrutements 
 d'abonnés en juin à la faveur du succès d'une offre couplée 
avec les chaînes qataries de beIN Sports. 
     
    CHAMPION NATIONAL 
    Le directeur général de Canal+ Maxime Saada a toutefois 
prévenu lors de la même audition que Canal+ pourrait descendre 
sous la barre des 4 millions d'abonnés à la fin de l'année.  
    Canal+, dont le sport et le cinéma sont les deux vitrines, 
investit chaque année 200 millions d'euros dans le cinéma 
français dont il est le principal financeur.  
    La chaîne cryptée doit cependant faire face à l'émergence de 
nouveaux concurrents puissants et aux poches pleines, à l'image 
de Netflix  NFLX.O  et Amazon  AMZN.O  pour le cinéma et les 
séries, et beIN Sports et Altice  ATCA.AS  dans le sport. 
    "Vous avez d'abord un problème numéro un qui est : est-ce 
que vous voulez un champion national ? Ça, les parlementaires 
ont à se prononcer là-dessus", a expliqué Vincent Bolloré. 
    "Si vous voulez en effet qu'il n'y ait pas de champion 
national, c'est relativement facile. Vous mettez des mesures 
anti-concentration et vous aurez ce que vous avez aujourd'hui, 
c'est-à-dire aucun groupe français qui essaye de porter la 
culture française à l'extérieur et donc mourront petit à petit 
tous ceux qui seront dans ce secteur", a-t-il prévenu. 
    Il a à nouveau défendu son projet de bâtir un groupe 
français de contenus à ambition mondiale, qui s'appuierait sur 
la richesse de la culture française et latine pour produire des 
contenus et les distribuer via des partenariats ou prise de 
participations minoritaires avec des opérateurs télécoms. 
     
    "ENTRE-SOI" 
    Il a en revanche pris ses distances avec la stratégie du 
magnat des télécoms Patrick Drahi, propriétaire d'Altice 
 ATCA.AS , consistant à rassembler dans un même groupe télécoms 
et médias. 
    "Il est évident que le lien entre les contenus et les tuyaux 
est en train de se faire partout dans le monde. Moi, en tant 
qu'actionnaire de référence, je pense qu'il n'est pas 
souhaitable de faire à la fois le téléphone et les contenus 
parce que je crois que c'est quasiment impossible", a-t-il dit. 
    Longtemps à l'abri de l'attention des médias jusqu'à son 
entrée au capital de Vivendi, le dirigeant du groupe Bolloré 
 BOLL.PA  doit aujourd'hui faire face à des accusations 
d'intervention dans les programmes, notamment après la 
déprogrammation d'un documentaire sur le Crédit mutuel, ou 
d'interférence entre ses différentes casquettes d'actionnaire de 
Vivendi, dirigeant du groupe Bolloré et propriétaire du 
publicitaire Havas  HAVA.PA .  
    Mis sur le grill pendant plus de deux heures, Vincent 
Bolloré a rejeté en bloc les critiques.  
    "Je pense que tout cela ce sont des blagues qui ont été 
mises en avant pour éviter la diète, parce que ce n'est pas 
agréable quand on a été un groupe tout puissant, qu'on faisait 
beaucoup d'entre-soi, de se retrouver tout d'un coup comme les 
autres à faire un peu attention à ce qu'on dépense", a-t-il dit. 
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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