Internet rétabli à Damas, les bombardements se poursuivent

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BEYROUTH (Reuters) - Les connexions à internet ont été rétablies samedi à Damas et à Homs, ville du centre de la Syrie, après deux journées de complète interruption attribuée par des experts aux autorités syriennes, tandis que l'armée syrienne continuait à bombarder plusieurs faubourgs de Damas tenus par les opposants.

Pour les opposants à Bachar al Assad, cette coupure des communications, qui concernait également nombre de lignes téléphoniques, est le fait du gouvernement qui tente d'entraver les liaisons entre les différentes factions rebelles.

Les autorités syriennes affirment que l'interruption a été provoquée par des "terroristes" ou qu'elle résultait de problèmes techniques.

"La plupart des gens ont de nouveau internet dans la capitale", a déclaré un habitant de Damas, joint par Skype. Deux personnes ont indiqué que le réseau fonctionnait à Homs.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres proche de l'opposition, les connexions ont été rétablies dans la plupart des provinces.

Un habitant de Homs a précisé que les insurgés avaient contourné le problème en ayant recours à des téléphones satellitaires, des radios et Skype pour communiquer entre eux.

"Il n'y avait plus de connexions internet, ni de liaisons téléphoniques en Syrie mais cela ne nous a pas trop affectés", a affirmé Abou Yazen.

Cette suspension des communications avait été interprétée par des associations de l'opposition comme le signe avant-coureur d'une offensive de l'armée dans la capitale.

Des avions de chasse ont à nouveau bombardé samedi plusieurs faubourgs de Damas tenus par les opposants, notamment les quartiers de Kafar Souseh et de Darraya.

FORCE INTERNATIONALE

Les rebelles, qui ont récemment enregistré des avancées sur l'ensemble du territoire syrien, ont peu à peu investi un arc urbain s'étendant du nord-est au sud-ouest à la périphérie de Damas dont le centre est tenu par les pro-Assad.

"Les forces régulières syriennes tentent de contrôler les zones entourant la capitale et se heurtent aux rebelles", a indiqué l'OSDH.

Depuis jeudi, des affrontements sont signalés dans les quartiers d'Akraba et Babilla à la périphérie sud-est de la ville, voie d'accès vers l'aéroport.

Selon la télévision d'Etat, citant un communiqué du ministère de l'Information, l'aéroport international était rouvert samedi et la principale route y donnant accès était sécurisée.

Les compagnies aériennes EgyptAir et Emirates avaient annoncé jeudi soir avoir suspendu leurs vols à destination de Damas pour des raisons de sécurité.

Des combats ont été signalés à Homs, Daïr az Zour, Idlib et Alep où 14 combattants ont été tués lors de l'attaque contre une base militaire dans la ville de Khanasser samedi matin.

De son côté, la nouvelle Coalition nationale syrienne a dit qu'elle pourrait envisager la venue d'une force de maintien de la paix en Syrie si Bachar al Assad et ses alliés militaires quittaient le pouvoir.

Le médiateur international Lakhdar Brahimi estime qu'un cessez-le-feu ne pourra être respecté que s'il est soumis au contrôle d'une mission de paix.

Interrogé sur cette question, un porte-parole de la Coalition a déclaré que l'opposition était d'accord pour discuter du déploiement d'une telle force.

"Si la première condition est remplie, nous pouvons discuter de tout. Mais il n'y aura pas de processus politique avant le départ de la famille au pouvoir et de ceux qui soutiennent le régime", a dit Walid al Bounni.

Certains opposants redoutent une partition de la Syrie et que la communauté alaouite, dont est issu Assad, crée un sanctuaire de loyalistes près des rives de la Méditerranée où est implantée la majeure partie des membres de la minorité.

Oliver Holmes, avec Khaled Yacoub Oweis à Amman; Pierre Sérisier pour le service français

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