Internet dope et rajeunit l'audience de la télé

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Twitter et Facebook sont les nouveaux ingrédients à succès de la scénarisation des programmes, selon l'étude Eurodata TV Worldwide de l'institut Médiamétrie.

Plus les Français post, tweet et like, plus ils regardent la télévision. Selon l'étude d'Eurodata TV Worldwide, filiale de l'institut Médiamétrie, la durée d'écoute de ce média ne cesse d'augmenter dans le monde. En un an, la télé a encore gagné 3 minutes. Sur cinq ans, ce sont 9 minutes de plus pour culminer à 3h12 par jour. Plus impressionnante encore est la progression de la durée d'écoute quotidienne sur les cibles jeunes -celle des 15-24 ans- puisque dans les principaux pays d'Europe, cette dernière a progressé de 4 à 12 minutes sur un an, les Anglais engrangeant le record du genre.

Simultanément, les jeunes ne cessent d'augmenter leur temps passé sur les réseaux sociaux et les sites de partage. Twitter et Facebook ne se contentent pas de compter respectivement 145 et 500 millions d'utilisateurs mais voient encore augmenter la présence des internautes sur leurs plates-formes. Au Royaume-Uni, ce sont «7h28 quotidiennes que les jeunes consacrent à Facebook, soit 30 minutes de plus que l'année précédente », souligne Médiamétrie/NetRatings, tandis qu'en France on approche les 6 heures.

Le pilote d'une série télé sur l'iPad

Ces données n'ont pas échappé aux producteurs qui désormais «enrichissent» les programmes, quel que soit le genre, même les plus classiques, comme la fiction. Après le succès de Clem, TF1 soigne ainsi la sortie d'Un mari de trop, avec le faux Web docu-réalité Made in mode, ainsi que le blog «Modes et confidences».

Au Royaume-Uni, c'est la BBC qui a innové et créé l'événement avec l'ultime épisode de la série East­Enders faisant partie du patrimoine national. Les téléspectateurs ont pu parier et voter en ligne durant la diffusion sur l'identité du coupable. Dix fins différentes avaient été tournées et ce n'est que trente minutes avant la fin de la diffusion que l'équipe a été avertie de l'issue.

De même, NBC aux États-Unis a intégré un «Twittersode» dans sa série Community, les télespectateurs pouvant intervenir au cours de ces 80 tweets entre les personnages. Dans un autre genre, la Fox a proposé en exclusivité aux détenteurs d'un iPad, le pilote de sa prochaine série Lone Star. «Il s'agit autant de créer du bouche-à-oreille que d'attirer les cibles les plus jeunes », explique Amandine Cassi, directrice des études d'Eurodata TV Worldwide.

Ce type de scénarisation des programmes se retrouve également dans les programmes de flux comme, notamment, ceux de télé-réalité. Il en est ainsi de Seven Days, diffusé sur Channel 4, un Big Brother sans enfermement suivant la vie d'une trentaine de personnes à qui, via Facebook, les télespectateurs peuvent donner des conseils ou faire des remarques. De quoi créer de la fidélisation auprès de ces «conseilleurs» qui, d'épisode en épisode, ont à c½ur de vérifier si leurs conseils ont été suivis ou non.

Enfin, le sport, direct oblige, est le domaine où l'interactivité a démarré le plus fort. Jacques Braun, le vice-président d'Eurodata TV Worldwide, note que «jamais les audiences du sport n'ont été aussi importantes ».

Comme le prouvent celles de la finale de snowboard aux derniers Jeux olympiques, qui, aux États-Unis, a tout de même réuni 29 millions de téléspectateurs sur NBC dont le site permettait en particulier de suivre en direct les tweets des athlètes.

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