Interdiction d'une manifestation pro-palestinienne à Paris

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PARIS (Reuters) - La préfecture de police de Paris a annoncé vendredi avoir signifié aux organisateurs l'interdiction d'une manifestation de soutien aux Palestiniens qui était prévue samedi à Paris en raison de "risques de violences".

Les organisateurs, dont le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et une dizaine de mouvements de soutien au peuple palestinien, ont indiqué qu'ils déposaient un référé liberté devant le tribunal de Paris contre cette mesure.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a justifié cette interdiction par les violences qui ont éclaté dimanche dernier à l'issue d'une manifestation organisée par les mêmes collectifs et qui avait réuni 7.000 personnes selon la police.

La manifestation de samedi devait débuter au niveau du métro Barbès-Rochechouart.

"Je considère pour ma part que, à partir des éléments qui m'ont été communiqués par le préfet de police de Paris, les éléments ne sont pas réunis pour que cette manifestation se déroule dans des conditions qui garantissent la sécurité", a déclaré Bernard Cazeneuve sur Europe 1.

"Je ne peux pas accepter que (des actes violents) se reproduisent et je ne peux pas prendre le risque de voir demain des Français, quelle que soit leur confession, exposés à des violences", a-t-il insisté.

La préfecture de police a rappelé que les organisateurs étaient les mêmes que ceux de dimanche dernier.

"La décision est fondée sur les violences de dimanche, sur la multiplication des appels sur les réseaux sociaux, sur les risques de contre-manifestation et aussi sur le fait que la manifestation était prévue un samedi, jour où les lieux du culte juif sont très fréquentés", a-t-on précisé.

Bernard Cazeneuve a déclaré avoir envoyé à tous les préfets une circulaire pour demander la protection des lieux de cultes en France.

"Je leur ai demandé au cas par cas si les conditions d'organisation des manifestations permettent l'apaisement et la sécurité et si ce n'est pas le cas, j'ai demandé à ce que ces manifestations soient interdites", a-t-il ajouté.

Les autorités israéliennes ont lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une offensive terrestre dans la bande de Gaza, dix jours après le début des bombardements qui n'ont pas fait cesser les tirs de roquettes.

Des mouvements qui appelaient à manifester samedi accusent des mouvements juifs d'avoir "inventé une attaque contre une synagogue et mobilisé leurs réseaux" pour empêcher le soutien au peuple palestinien.

"Ils souhaitent nous interdire d'exprimer notre soutien à la lutte héroïque du peuple palestinien. Ils souhaitent nous interdire de clamer fièrement notre opposition au sionisme. Nous répondons : résistance !", écrit l'Union des étudiants de palestine (GUPS) sur son site internet.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a réclamé l'interdiction des manifestations en faveur du Hamas, notamment celle prévue samedi prochain.

Il affirme que les deux synagogues parisiennes ont été prises d'assaut "par des groupes nombreux et haineux proférant des slogans antisémites".

(Marion Douet et Gérard Bon, édité par Sophie Louet)

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  • M2941863 le vendredi 18 juil 2014 à 15:31

    On verra...ces gens là se croient chez eux et les français eux, ne sont plus chez eux.

  • dotcom1 le vendredi 18 juil 2014 à 15:14

    Le NPA, organisateur de troubles antisémites. Les masques tombent.

  • raich2 le vendredi 18 juil 2014 à 14:00

    Sage décision, on pourra rouler normalement samedi.Les casseurs sont priés de rester chez eux