Installer un bureau dans son jardin : séduisant mais compliqué

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De nombreuses sociétés proposent des modules prêts à poser sur un terrain pour y installer un bureau, un studio ou un atelier. Le concept intrigue et séduit mais il s'en vend encore très peu. Problème : les prix restent élevés et les normes, complexes et contraignantes.

Qui n'a pas rêvé de disposer, d'un coup de baguette magique, d'une pièce supplémentaire (bureau, studio...) installée sur son terrain, prête à être habitée? Bien mieux qu'un abri de jardin, ces structures modulaires sont de véritables petites maisons bien isolées et dotées en usine de toute l'installation électrique, voire équipées de salle de bains. Sur Internet, les sociétés proposant ce genre de produits se multiplient en évoquant notamment la vogue que connaissent ces produits dans le nord de l'Europe. Pourtant, ces fabricants mettent surtout en avant de magnifiques images de synthèse et assez peu de réalisations commercialisées.

«C'est vrai, les images sont belles, l'idée est belle, mais le chiffre d'affaires n'est pas encore là, reconnaît Jérôme Pujalte, gérant de la société Selectiv' Habitat, implantée à Compiègne (Oise). Pour 300 demandes en un an, nous comptons à peine quelques réalisations.» La faute, selon lui, au décalage entre ce qu'imaginent les clients et la réalité du produit. En effet, bon nombre d'acheteurs rêvent d'une extension d'une vingtaine de mètres carrés pour un budget de 10.000 euros là où il faut compter deux à trois fois ce prix.

Sans compter les contraintes réglementaires. Les constructions neuves de moins de 20 m² ont beau être exemptées de permis de construire, la déclaration préalable de travaux auprès de la mairie peut s'avérer complexe. Il s'agit de respecter le plan local d'urbanisme, de disposer d'un COS résiduel, de respecter la réglementation thermique, etc. Des obstacles qui ont poussé Selectiv' Habitat à tenter de développer un nouveau produit: le micro-bureau de 5 m². Avec cette surface, pas question de parler d'un véritable lieu de vie: le produit se destine aux télétravailleurs qui souhaitent un espace séparé pour travailler chez eux. L'intérêt, c'est que cette taille supprime les formalités administratives, ramène la facture entre 8000 et 10.000 euros, et que ce produit pourrait être subventionné par l'employeur.

Beaucoup d'ossatures en bois

Du côté d'Ecospace, qui propose ce genre de construction au Chesnay (Yvelines), on relève également des freins au développement de ce créneau. «Le concept est britannique et se développe en Europe, mais, en France, les freins sont bien plus forts qu'ailleurs», relève Cyrille Bardou-Jacquet, gérant de la société en France. Au-delà des obstacles déjà cités, il estime que, pour certains matériaux récents, comme ceux qu'il utilise, il est difficile d'obtenir une garantie ­décennale, ce qui déplaît aux consommateurs.

Plus optimiste, Deck'O Bois, une société implantée en Seine-et-Marne et spécialisée dans la réalisation et l'installation d'aménagements extérieurs en bois, compte déjà une vingtaine de réalisations à son actif. Son secret? Des réalisations classiques avec une ossature bois et des panneaux de bois compressé et un produit sur mesure, monté chez le client plutôt que préparé en usine. Une solution qui facilite l'implantation de ces blocs habitables en région parisienne, où l'accès avec de gros camions n'est pas toujours possible. «Avec des blocs prêts à poser, il m'est arrivé de devoir étudier une possible livraison par hélicoptère, se souvient Éric Grossier, gérant de Deck'O Bois. Mais c'est bien trop cher et bien trop compliqué.»

Au final, sa société réalise plutôt de petites structures d'une surface au sol inférieure ou égale à 20 m² et destinées à servir de bureau pour des personnes souhaitant travailler chez elles. Du côté du client, le travail est assez limité: pas besoin de dalle de béton ou de fondations, des plots de béton ­servent généralement de base à la structure. Reste à acheminer l'électricité et, éventuellement, l'eau jusqu'à cette extension.

De 20 à 30.000 euros

«Les DRH de sociétés parisiennes auraient intérêt à subventionner ce genre d'équipement, lance Éric Grossier. En cinq ans, ce module est amorti par rapport à l'occupation d'un bureau dans une tour.» Il faut en effet compter entre 20.000 et 25.000 euros pour un bureau sur mesure de ce type et autour de 29.000 euros pour un module «studio» équipé avec salle d'eau et WC. «Nous installons également des terrasses en bois, et il n'est pas rare que nos clients dépensent 20.000 à 30.000 euros dans leurs projets, souligne Éric Grossier. C'est une grosse somme pour ce genre d'équipement, mais, curieusement, le prix est un obstacle moins fort que pour nos modules habitables. Sans doute ce marché est-il encore trop neuf, et il faut que les mentalités évoluent.»

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