Inquiétudes sur l'usage des fréquences libres proches du Wifi

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    par Harro Ten Wolde 
    BARCELONE, 24 février (Reuters) - La décision des opérateurs 
télécoms d'utiliser le spectre de fréquences libres situées sur 
la même bande passante que les réseaux Wifi suscite des 
inquiétudes sur les risques d'interférences avec les appareils 
domestiques connectés.   
    Pour les opérateurs, qui ont dépensé des milliards d'euros 
pour acquérir les fréquences 4G LTE sous licence, utiliser le 
LTE-U, une bande de fréquence libre des 5 GHz également utilisée 
par les réseaux Wifi, peut être un moyen économique de répondre 
à l'explosion du trafic des données, en particulier dans la 
couverture intérieure des bâtiments. 
    "C'est un peu le Far West en ce moment", a déclaré Todd 
Mersch, co-fondateur de XCellAir, une start-up spécialisée dans 
l'usage du Wifi, à l'occasion du salon Mobile World Congress qui 
se tient cette semaine à Barcelone. 
    "N'importe qui peut l'utiliser (le LTE-U) et les paramètres 
changent beaucoup plus rapidement que lorsqu'on utilise le 
spectre sous licence",  
    Selon lui, le risque d'interférence peut être cependant 
évité car seulement environ 15% du spectre Wifi de la bande des 
5 Ghz est actuellement utilisé. 
    La technologie pour utiliser le spectre Wifi dans le cadre 
d'un usage mobile à grande échelle est toutefois loin d'être au 
point mais des experts du secteur prévoient son déploiement dans 
moins de deux ans. 
    L'opérateur télécoms américain Verizon  VZ.N  mène 
actuellement des tests avec le fabricant de semi-conducteurs 
Qualcomm  QCOM.O . L'an dernier, l'opérateur télécoms allemand 
Deutsche Telekom  DTEGn.DE  a également fait un essai dans la 
ville de Nuremberg.  
    Selon Deutsche Telekom, ce test n'a montré aucune 
interférence en utilisant la technologie connue sous le nom de 
LTE-Licence Assisted Access (LAA).  
    "Ce serait insensé de créer quelque chose de nouveau qui 
finisse par être un handicap pour les autres, non?", relève 
Bruno Jacobfeuerborn, directeur technique chez Deutsche Telekom. 
     
    APPAREILS PERTURBÉS 
    Mais en cas d'interférence, le problème peut aller au-delà 
la coupure de connexion, observe Todd Mersch de XCellAir, 
faisant référence à un incident rencontré dans le cadre de son 
propre travail sur les signaux Wifi. 
    "Les interférences amènent le système de sécurité à 
accroître la consommation électrique de chacun des capteurs 
situés au niveau des fenêtres et des portes", dit-il. 
    "Les batteries se déchargent plus rapidement, si bien que 
les clients reçoivent constamment de fausses alertes et alarmes 
batterie." 
    Au tout début du Wifi, les consommateurs étaient déjà 
confrontés à ce genre de problèmes avec notamment les 
micro-ondes qui perturbaient les "baby phones", les téléphones 
sans fil et même certains appareils Bluetooth d'ancienne 
génération.  
    En ce temps là, la diffusion d'une vidéo en ligne pouvait 
être interrompue simplement avec la sonnerie d'un téléphone sans 
fil. 
    Nest, le fabricant d'appareils domotiques racheté par 
Google, filiale d'Alphabet  GOOGL.O , met encore actuellement en 
garde ses clients sur les risques d'interférences liées aux 
micro-ondes et d'autres appareils avec ses systèmes de détection 
d'incendie ou de thermostat.  
    Pour l'Electronic Frontier Foundation, une organisation 
américaine non gouvernementale, personne ne sait si le LTE-U et 
le Wifi peuvent coexister dans un déploiement à grande échelle. 
    Dans un livre blanc adressé l'an dernier à la Commission 
fédérale des communications américaine (FCC), Google a exprimé 
ses inquiétudes sur le LTE-U. 
    "Les détenteurs de spectre sous licence ne devraient pas 
être en mesure de convertir la bande sans licence de 5 GHz dans 
une bande de spectre sous licence de facto, et ils ne devraient 
certainement pas avoir la capacité d'éjecter les autres 
utilisateurs sans licence", avait fait valoir Google. 
    Cependant avec un trafic mondial mensuel qui devrait 
atteindre 30,6 exaoctets (30,6 millions de téraoctets) d'ici 
2020, les opérateurs télécoms cherchent désespérément le moyen 
de satisfaire la demande sans pour autant investir davantage. 
    Le trafic mobile a augmenté de 74% en 2015 à 3,7 exaoctets 
par mois à la fin de l'an dernier, contre 2,1 exaoctets par mois 
fin 2014, selon les données de Cisco  CSCO.O . 
 
 (Avec Eric Auchard and Peter Maushagen; Claude Chendjou pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 

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