Inquiétude sur le retour d'une frontière entre Irlande et Ulster

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    ARMAGH, Irlande du Nord, 18 novembre (Reuters) - Le 
rétablissement d'une frontière entre la république d'Irlande et 
l'Irlande du Nord par les autorités britanniques en application 
du Brexit provoquerait un regain des violences nationalistes, 
estime le vice-Premier ministre de la province de l'Ulster. 
    Les postes militaires de contrôle à la frontière ont été 
démantelés en vertu de l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à 
trois décennies de violences meurtrières entre les catholiques 
partisans d'un rattachement à l'Irlande et les protestants 
défendant un maintien dans le Royaume-Uni. 
    "La menace sur le processus de paix ne doit en aucun cas 
être minimisée", a déclaré vendredi Martin McGuinness, 
ex-dirigeant de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), jadis 
branche armée du Sein Fein qui participe aujourd'hui à un 
gouvernement de coalition avec les unionistes. 
    "Certaines personnes sont toujours tentées par la violence 
et s'il y a une tentative pour installer une frontière 
matérielle entre le Nord et le Sud, elles pourraient chercher à 
nous ramener en arrière et s'en servir contre le processus de 
paix", a-t-il dit. 
    Irlandais et Britanniques disent qu'ils ne souhaitent pas le 
rétablissement d'une frontière matérialisée par des points de 
contrôle mais cette hypothèse ne peut être totalement exclue 
tant que l'on ignore les détails d'un accord entre Londres et 
les Européens sur les modalités du Brexit. 
    En mai, les autorités britanniques ont relevé à "important" 
leur niveau d'alerte concernant les militants républicains 
catholiques. Le mois dernier, la Première ministre britannique, 
Theresa May, a estimé qu'il n'y avait aucune raison de penser 
que l'accord de paix puisse être menacé par le Brexit. 
    Un groupe baptisé "Nouvelle IRA" a mené en mars une attaque 
à Belfast blessant grièvement un gardien de prison dans 
l'explosion d'une bombe dissimulée sous sa camionnette. L'homme 
est décédé des suites de ses blessures. 
    Si les Britanniques se sont prononcés à 52% en faveur d'une 
sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'Irlande du Nord a 
voté à 56% en faveur du maintien dans le bloc communautaire. 
 
 (Ian Graham, Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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