Inquiétude pour les îles reculées du Vanuatu après le cyclone

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(Actualisé, déclaration du président du Vanuatu, § 3-4) par Stephen Coates PORT-VILA, 16 mars (Reuters) - Les autorités du Vanuatu peinaient toujours lundi à établir le contact avec les îles reculées de cet archipel du Pacifique, où elles craignent de découvrir un paysage de désolation après le passage vendredi soir et samedi du cyclone Pam, avec des vents soufflant à plus de 300 km/h. Le bilan officiel reste à huit morts et 20 blessés, dans l'attente d'informations en provenance des régions isolées de l'archipel. "De nombreux bâtiments, de nombreuses maisons ont été complètement détruits", a déclaré à Reuters le président du Vanuatu, Baldwin Lonsdale, venu participer il y a six jours au Japon à un sommet de l'Onu sur la prévention des catastrophes. "Plus de 90% des immeubles sont détruits." "Quand la tempête est devenue un cyclone, nous avions déjà quitté le pays. Nous ne savions pas que ce serait si grave", a-t-il ajouté. Les 29.000 habitants de l'île de Tanna, à environ 200 km au sud de la capitale Port-Vila, ont notamment subi de plein fouet le passage de Pam, cyclone de catégorie 5, le niveau maximal. En se basant sur les premiers éléments qui leur ont été communiqués, les organisations humanitaires disent que cette île a été dévastée, de même que la principale localité d'une autre île méridionale, Erromango, avec deux morts déjà signalés. Les opérations de nettoyage ont en revanche déjà débuté à Port-Vila, où trois quarts des habitations ont été détruites ou gravement endommagées, alors que l'ouragan a soulevé des vagues de huit mètres, selon certains témoins. COUVRE-FEU NOCTURNE "Les choses s'améliorent à Port-Vila, les gens retournent sur les marchés et s'attaquent au nettoyage mais l'élément important c'est que nous n'avons toujours aucun contact avec les autres provinces", a dit Tom Perry, de la branche australienne de l'ONG CARE, à Reuters. "C'est un motif de profonde inquiétude car personne ne peut réellement dire quelle est la situation mais nous savons que le Sud en particulier est resté sous l'oeil du cyclone pendant des heures. Ce ne sera pas joli, ça ne fait aucun doute", a-t-il dit par téléphone de Port-Vila. Un couvre-feu nocturne a été instauré de six heures du soir à six heures du matin dans la capitale pour prévenir des pillages, a précisé Colin Collett van Rooyen, directeur de l'ONG Oxfam au Vanuatu. La Croix-Rouge a pu contacter du personnel dans la province de Torba, dans le nord de l'archipel, où les habitants semblent sains et saufs. Des informations non confirmées avaient dans un premier temps fait état de plus de 40 morts dans le nord du Vanuatu. Des avions militaires en provenance de Nouvelle-Zélande et d'Australie acheminent de l'eau, du matériel sanitaire, des médicaments et des abris pour les 10.000 habitants qui se retrouvent sans toit sur l'île principale. Les vols commerciaux devraient reprendre à leur tour ce lundi pour apporter plus d'aide et remmener les touristes. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) estime qu'environ la moitié des 260.000 habitants de l'archipel a souffert du passage du cyclone, de même que des milliers d'autres à Tuvalu, Kiribati et sur les îles Salomon. Le cyclone Pam avait perdu en intensité en passant au large de la côte Est de l'île du Nord en Nouvelle-Zélande, où peu de dégâts ont été signalés malgré les vents violents, les fortes pluies et la mer agitée. (Avec Megan Rowling à Sendai, Lincoln Feast à Sydney, Gyles Beckford à Wellington et Teppei Kasai à Tokyo; Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français)

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  • dotcom1 le lundi 16 mar 2015 à 13:48

    Prochain étape (semaine prochaine) : dénoncer le réchauffement climatique d'origine humaine et l'illustrer par l'exemple de Vanuatu. Ca va faire très bien pour annoncer le sommet de Paris dans quelques mois.