Inquiétude des salariés de la raffinerie Total de la Mède

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LA RAFFINERIE TOTAL DE LA MÈDE CRAINT D'ÊTRE EN PREMIÈRE LIGNE POUR LES SUPPRESSIONS DE POSTES À VENIR
LA RAFFINERIE TOTAL DE LA MÈDE CRAINT D'ÊTRE EN PREMIÈRE LIGNE POUR LES SUPPRESSIONS DE POSTES À VENIR

MARTIGUES, Bouches-du-Rhône (Reuters) - Les salariés de la raffinerie Total de La Mède, près de Marseille, craignent d'être les premières victimes des décisions du groupe, qui veut supprimer 2.000 postes d'ici la fin de l'année.

La raffinerie de Provence, qui emploie 500 salariés, pourrait être selon la CGT l'un des sites les "plus fragilisés" parmi les cinq raffineries du groupe en France.

Le syndicat s'attend à une "profonde transformation" du site accompagnée d'une "grosse perte d'emplois" pouvant aller de 150 postes à plus de la moitié des effectifs.

"On vit dans l'incertitude et on veut des réponses claires sur notre avenir", a dit le secrétaire CGT du comité d'entreprise (CE) du site de La Mède, Fabien Cros.

Total a dit avoir enregistré 6,5 milliards de dollars de dépréciations d'actifs au quatrième trimestre 2014 pour tenir compte de la baisse des prix du pétrole.

Le groupe, qui prévoit de présenter au printemps une réorganisation de ses activités de raffinage en France, a annoncé qu'il réduirait de moitié la capacité de sa raffinerie britannique de Lindsey, avec 180 suppressions de postes à la clé.

Globalement, le groupe entend supprimer 2.000 postes d'ici à la fin de l'année -sur des effectifs proches de 99.000 personnes à fin 2013- par le biais de départs non remplacés et d'une division par cinq ou six des embauches.

"Plusieurs éléments nous laissent à penser que les raffineries de Donges et de La Mède seront directement impactées à travers une transformation complète de ces sites qui sont liés par des échanges de produits et de marchés", dit Fabien Cros.

Total, après plusieurs semaines de conflit social et la fermeture de son site de Dunkerque en 2010, s'était engagé à ne pas fermer de raffinerie en France pendant cinq ans, un délai qui expire dans les prochains jours.

Outre celle de La Mède, Total exploite les raffineries de Normandie, de Donges, de Feyzin et de Grandpuits.

La CGT, dont des représentants ont rencontré un conseiller de Manuel Valls lors de la visite du Premier ministre en début de semaine à Marseille, attend davantage du gouvernement "qu'une rencontre informelle d'une demi-heure entre deux portes".

"Le gouvernement doit se dévoiler sur sa stratégie industrielle. Il ne peut pas se contenter de discuter avec les grands groupes pour limiter la casse de l'emploi", a prévenu le secrétaire départemental de la CGT, Olivier Mateu.

Le syndicat estime que la perte d'un emploi organique sur le site de La Mède entraînerait la suppression de cinq à six emplois induits. "C'est surtout une filière et son savoir-faire industriel qui risque de disparaître", estime Fabien Cros.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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  • lorant21 le jeudi 12 fév 2015 à 15:14

    Ceux qui partiront, partiront avec un gros paquet.. très gros.. très très gros. Et puis, les verts vont être contents: une raffinerie ça pollue!