Inquiets et attentistes, les Français continuent à épargner

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Frôlant les 16%, le taux d'épargne montre que les ménages ne sont pas encore décidés à consommer. L'attente d'une nouvelle baisse des prix incite notamment les Français à reporter leurs achats et à épargner.

En dépit du bon sens, les Français continuent d'épargner. Les taux d'intérêt ont beau être à un plus bas historique et le ralentissement économique bien présent, le taux d'épargne des Français a grimpé jusqu'à 15,9% de leur revenu disponible au premier trimestre, selon les derniers chiffres de la Banque de France, alors qu'il n'était que de 14,7% le trimestre précédent. Ce niveau ne s'était plus vu depuis 2009.

«Les revenus des Français devraient augmenter davantage cette année qu'en 2013, puisque les impôts augmentent moins vite et les salaires restent relativement dynamiques. La consommation sera dopée mais pas à la hauteur de la hausse des revenus», explique Corinne Prost, chef du département des études économiques à l'Insee. Comme toujours, les Français ne dépensent pas de suite leur supplément de revenu, ce qui aboutit mécaniquement à une hausse du taux d'épargne. «Ce chiffre symbolise un à-coup mais ne va pas rester à ce niveau toute l'année, précise Corinne Prost. Nos prévisions montrent que le taux d'épargne devrait baisser le reste de l'année.»

La croissance pénalisée

Autre preuve de la frilosité des Français, les produits financiers liquides sont plébiscités. Assurance-vie en tête, mais aussi livrets d'épargne et dépôts à vue constituent leurs placements favoris. Ils se détournent des placements à long terme, mieux rémunérés mais aussi plus risqués, et de la Bourse, trop instable pour gagner leur confiance.

La comparaison internationale montre qu'un taux d'épargne élevé est un frein à la croissance nationale. L'Allemagne, dont le taux d'épargne a dépassé les 16% au premier trimestre, a vu sa croissance basculer dans le rouge. Au contraire, les États-Unis ont affiché l'année dernière un taux d'épargne de seulement 4,5%... qui a favorisé un rebond de leur croissance au printemps. En anticipant une baisse encore plus conséquente des prix avant de consommer ou d'investir, les Français font peser sur le pays un risque de déflation. Et handicapent un retour de la croissance qui s'apparente aujourd'hui plus que jamais à un mirage.

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