Inquiets des répliques, des milliers d'Italiens dorment dehors

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Inquiets des répliques, des milliers d'Italiens dorment dehors
Inquiets des répliques, des milliers d'Italiens dorment dehors

par Stephen Jewkes

SAN FELICE SUL PANARO, Italie (Reuters) - Des milliers d'Italiens ont passé la nuit sous des tentes ou dans leurs voitures dans le nord de l'Italie secoué par une centaine de répliques depuis le tremblement de terre qui a fait sept morts et provoqué d'importants dégâts dimanche matin.

"Nous avons très peur que notre maison s'effondre sur nous, donc c'est très bien que nous ayons pu dormir dans cette tente", témoigne un homme qui a passé la nuit dans le froid, mais en sécurité, dans la petite ville de San Felice Sul Panaro.

Les pluies diluviennes rendent encore plus difficiles les conditions de vie des quelque 3.000 personnes qui ont dû abandonner leurs maisons ainsi que le travail des agents de la protection civile qui déblaient les décombres.

Loin de la polémique qui avait agité l'Italie après le tremblement de terre de 2009 à L'Aquila, dans les Abruzzes, la plupart des habitants se disent satisfaits de l'aide qui leur est apportée. "Ils ont mis en place les tentes très rapidement, je me sens en sécurité", dit une dame âgée.

Le séisme a entraîné la mort de quatre ouvriers qui travaillaient de nuit, d'une femme âgée heurtée par une poutre et de deux autres femmes qui ont succombé au choc.

Il a provoqué d'importants dégâts à de nombreux édifices de l'Emilie-Romagne, dont des églises et un château du XIVe siècle, les plus graves pour le patrimoine italien depuis le tremblement de terre qui avait endommagé la basilique de Saint-François à Assise, en 1997.

CHAMPS DE RUINES

"Un millénaire d'art transformé en poussière", titre lundi le journal La Repubblica.

A San Felice Sul Panaro, les trois églises ne sont plus que ruines et le château de La Rocca, construit à partir de 1332 par la famille Este, est sérieusement endommagé.

"C'est indescriptible, une grande tristesse. La Rocca était notre fierté", se lamente une habitante, Manuela Monelli. "Si elle ne tombe pas toute seule, il faudra l'abattre", ajoute-t-elle en montrant du doigt la seule des quatre tours encore debout, zébrée par une grande fissure.

"Nous avons perdu pratiquement tout notre héritage artistique", déplore le maire de la ville, Alberto Silvestri. "Nous ne pouvons qu'être soulagé n'y ait pas eu de victimes."

"Quand je pense qu'on nous avait dit que ce n'est pas une région sismique", reprend Manuela Monelli. L'épicentre du tremblement de terre se trouvait dans la plaine du Pô, une région jusqu'alors préservée par les séismes.

Le président du Conseil, Mario Monti, a écourté son déplacement aux Etats-Unis pour rentrer en Italie.

"C'est un de ces moments où le pays doit se sentir uni et solidaire avec ceux qui souffrent, et je crois qu'il l'est", a-t-il déclaré à son départ de Chicago, où il participait au sommet de l'Otan.

Tangi Salaün pour le service français

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