Innovation et nouvelles acquisitions en perspective pour Essilor

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par Noëlle Mennella et Elena Berton

PARIS (Reuters) - Le dynamisme du marché de l'optique met Essilor à l'abri des aléas de l'environnement économique et le groupe se dit "confiant" pour 2012, fort de sa capacité à innover et à réaliser d'autres acquisitions ou partenariats.

Le marché mondial de l'optique, "constitué de quatre milliards de personnes qui ont besoin de bien voir, est en croissance et cela ne s'arrête pas", a déclaré jeudi Hubert Sagnières, le directeur général d'Essilor, lors d'une interview à Reuters.

Aussi, ironise-t-il, "on est très ennuyé de la dette grecque, on est très ennuyé de la situation en Italie, mais on est plus affecté par une grande tempête de neige qui bloque New York pendant trois jours".

Le caractère défensif de l'entreprise lui profite en Bourse, et son titre est au deuxième rang parmi les quatre seules valeurs du CAC 40 à progresser depuis le début de l'année (une hausse d'environ 7% environ après un gain de 15,4% en 2010).

Le numéro un mondial de l'optique ophtalmologique, qui a assis des positions fortes dans les verres haut de gamme, a élargi depuis une dizaine d'années son offre à destination des classes moyennes en s'associant avec des acteurs locaux.

C'est cette même stratégie de partenariat qui lui a permis de pénétrer les pays émergents, où il a déployé une gamme de produits spécifiques à cette clientèle.

En 2010, Essilor réalisait 12% de son chiffre d'affaires dans ces pays à forte croissance, un niveau très inférieur à celui des grandes entreprises américaines ou anglo-saxonnes qui en affichent au moins 25%, reconnaît Hubert Sagnières.

Mais depuis 2010, Essilor a mis en place à Singapour et au Brésil des équipes dont la vocation est de développer les partenariats du groupe. Aujourd'hui, explique le directeur général, 75% des acquisitions et des partenariats conclus par Essilor le sont dans cette zone.

"On a une vraie volonté d'augmenter à un niveau rentable notre part de chiffre d'affaires dans les pays émergents, et on le fait trimestre par trimestre", dit-il, tout en observant que son intention est aussi "de continuer à croître dans les pays matures".

PRÊT À DE NOUVELLES ACQUISITIONS

Les cibles qui pourraient intéresser Essilor sont des leaders locaux qui entretiennent sur leur marché domestique des relations commerciales avec des opticiens. Ce sont des sociétés "bien dirigées" qui ont entre trois et quatre millions d'euros ou de dollars de chiffres d'affaires et jusqu'à 50-60 millions.

Prié de dire quel moyen Essilor peut mettre sur la table, Hubert Sagnières répond : "On a la chance d'avoir un bilan financier très solide, d'avoir pas ou très peu de dette et une génération de cash très, très forte. Et je ne vous parle pas des banquiers qui sont prêts à nous prêter."

Ainsi, Essilor peut s'offrir le luxe d'être "complètement opportuniste" même s'il reste "très sélectif", ajoute-t-il.

Le directeur général remarque au passage qu'Essilor n'est pas très présent dans les verres solaires et ne possède pas suffisamment de grandes marques de verre de lunettes qui parlent aux consommateurs.

"Ce sont des axes de partenariats pour compléter notre offre de service, des domaines ou l'on regarde", dit-il.

Essilor, qui consacre en moyenne 150 millions d'euros par an à la recherche & développement, devrait reste sur cette tendance en 2012.

"On considère que l'on est très efficace en dépensant 150 millions d'euros en recherche-développement et en process par an", explique Hubert Sagnières.

Au premier trimestre 2012, Essilor lancera deux nouveaux produits à l'échelle mondiale, l'un dans les verres progressifs et l'autres dans les verres anti-reflets.

Hubert Sagnières se refuse à donner des prévisions de résultats pour 2012, se contentant de confirmer l'objectif du groupe de réaliser en 2011 un chiffre d'affaires en croissance de 6% à 8%, hors change et acquisitions stratégiques.

Le quatrième trimestre 2011, ajoute-t-il, devrait se situer "dans la ligne du troisième".

De nationalités française et canadienne, Hubert Sagnières, âgé de 56 ans, a commencé sa carrière chez Essilor en 1989. Il y a notamment occupé les postes de directeur du marketing verres international et de président des filiales canadienne et américaine. En 2008, il a été nommé directeur général délégué et, le 1er janvier 2010, il a succédé à Xavier Fontanet en tant que directeur général du groupe.

Essilor est né en 1972 de la fusion des groupes français Essel, issue d'une coopérative ouvrière de lunetiers, et Silor, ancienne Lissac. Le groupe emploie environ 42.700 collaborateurs dans le monde, et déploie ses activités dans une centaine de pays.

"A travers nos partenariats, il y a à peu près 10.000 personnes qui rejoignent Essilor tous les ans (...) Aujourd'hui, on est en pleine croissance en termes de personnes", se félicite Hubert Sagnières.

Edité par Dominique Rodriguez

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