Inimitié USA-Iran moins forte, selon le président iranien Rohani

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WASHINGTON, 21 septembre (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani déclare dans une interview diffusée dimanche que Téhéran et Washington ont fait les premiers pas pour alléger l'atmosphère entre les deux pays dans la foulée de l'accord historique conclu en juillet sur le programme nucléaire de Téhéran. Les Etats-Unis et l'Iran sont en conflit depuis la révolution islamique de 1979 à Téhéran. Et malgré l'accord de juillet qui encadre les activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée des sanctions à son encontre, les sujets de friction demeurent entre les deux pays, notamment sur la question des droits de l'homme. "La distance, les désaccords, le manque de confiance, ne disparaîtront pas de sitôt", a déclaré Hassan Rohani dans le cadre de l'émission "60 Minutes" de la chaîne de télévision américaine CBS. "Ce qui est important, c'est : dans quelle direction allons-nous, a-t-il ajouté. "Allons-nous vers une amplification de l'inimitié ou une réduction de cette inimitié? Je pense que nous avons pris les premières mesure vers une baisse de cette inimitié." De la même manière que le Congrès américain n'a pu s'opposer à l'accord nucléaire de juillet, le Parlement iranien et le Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran devraient eux aussi approuver l'accord, a estimé Hassan Rohani. "La majorité de notre population, dans les sondages d'opinion, a un avis positif sur cet accord", déclare le président iranien. "Des institutions comme le Parlement et le Conseil suprême de sécurité nationale sont en général pas très éloignées de l'opinion publique et vont dans cette direction." Quant aux puissants Gardiens de la Révolution (les Pasdarans), dont certains des membres ont critiqué l'accord, ils le "respecteront" une fois qu'il aura été approuvé par l'Iran, prédit Hassan Rohani. LE PATRON DE L'AIEA SUR LE SITE DE PARCHIN L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé dimanche que son directeur général Yukiya Amano avait rencontré des responsables iraniens, dont le président Rohani, et s'était rendu sur le site sensible de Parchin, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Téhéran. La question de l'accès de l'AIEA à Parchin, qu'elle n'a pas inspecté depuis dix ans, était une des questions les plus sensibles dans la négociation de l'accord historique de juillet. Dans l'interview à CBS, le président iranien laisse entendre qu'il ne s'opposera pas à un échange de prisonniers entre les Etats-Unis et l'Iran. L'Iran détient plusieurs Américains, parmi lesquels le journaliste du Washington Post, Jason Rezaian, qui dispose de la double nationalité américaine et iranienne. Les autorités iraniennes ont demandé la libération des Iraniens détenus aux États-Unis, dont certains sont soupçonnés d'avoir contourné le système de sanctions contre Téhéran. Prié de dire s'il soutiendrait un accord d'échange de prisonniers, Hassan Rohani a répondu : "Je n'aime pas particulièrement le mot échange, mais, d'un point de vue humanitaire, si nous pouvons faire un pas, nous devons le faire. La partie américaine doit prendre ses propres mesures." A propos du conflit syrien, Hassan Rohani, qui soutien son homologue Bachar al Assad, a estimé que celui-ci devait rester au pouvoir, au moins jusqu'à la défaite de l'Etat islamique. "Comment pouvons-nous combattre les terroristes si le gouvernement ne reste pas?" a-t-il demandé. Quand l'Iran crie chaque semaine "Mort à l'Amérique", ce "n'est pas un slogan contre le peuple américain", affirme Hassan Rohani. "La politique des Etats-Unis est contre les intérêts nationaux du peuple iranien", dit-il. "Nous ne pouvons oublier le passé, mais, en même temps, notre regard doit être tourné vers l'avenir." (Warren Strobel avec François Murphy à Vienne; Danielle Rouquié pour le service français)

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