Inflation en vue dans les distributeurs automatiques 

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Les prix des cafés, sodas et barres chocolatées pourraient augmenter de 10 centimes d'euros.

La pause-café va coûter plus cher. Les prix des distributeurs automatiques de boissons chaudes, mais aussi de sodas et de barres chocolatées, devraient sensiblement augmenter dans les prochains mois. «Nous n'avons pas relevé les prix des articles en machine depuis dix ans. La situation est devenue intenable», assure Jean-Marc Nigond, président de la Chambre syndicale nationale de vente et services automatiques (Navsa).

Les gestionnaires des 625 000 machines en France tirent la sonnette d'alarme, mais n'osent avancer ni hausses précises ni calendrier. Ces dernières années, ils ont subi une hausse structurelle de leurs coûts, notamment du transport et des matières premières. Le café, par exemple, a augmenté de 151 % entre 2002 et 2008 et le sucre de 42 % : des hausses très importantes sur le produit phare des distributeurs, dont sept sur dix proposent des boissons chaudes. «À 30 centimes, le café en machine est moins cher que la plupart des dosettes», compare Jean-Marc Nigond.

La future taxe sur les boissons sucrées, qui pourrait être de 2 centimes par cannette, risque bien d'accentuer cette tendance inflationniste. Contrairement aux directeurs de magasin, les gestionnaires ne peuvent en effet faire partager une partie de ce fardeau au consommateur en changeant les étiquettes de 1 ou 2 centimes. Ils sont même souvent forcés à des augmentations massives. Un vrai risque commercial : en passant à 40 centimes, le petit noir pourrait perdre de nombreux accros chez les salariés et les automobilistes...

«Techniquement, nous sommes incapables de procéder à des hausses de tarifs inférieures à 10 centimes : rendre la monnaie deviendrait trop compliqué», assure Pierre-Jean Crevisier, directeur national des opérations hors foyer de Coca-cola Entreprise.

Avec les machines récentes, qui acceptent entre autres les cartes, les gestionnaires sont pourtant bien capables d'augmenter les prix. Mais les trois quarts des 1.250 gestionnaires de machines sont des TPE, dépourvues de moyens pour en acheter, à la différence des leaders du secteur, le suisse Selecta et le britannique Autobar.

Marché en déclin

La question de la hausse de prix divise d'ailleurs les acteurs de la distribution automatique. Les plus grands n'y sont pas réellement favorables. Ils évoquent leur peur de dépasser des seuils psychologiques (comme un euro pour une canette). Ils redoutent surtout un nouveau recul de ce marché de 2 milliards d'euros, déjà déclinant.

«L'an dernier, le nombre d'achats de boissons et solides dans les distributeurs automatiques a baissé de 2 %, à 2,1 milliards. En 2009, les Français avaient déjà ­réduit leur consommation de produits disponibles en distributeurs de 1,4 %, explique Christine Tartanson, directrice de la division restauration hors domicile chez NPD Group. La dépense moyenne reste toutefois stable autour d'un euro depuis 2009.»

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