Inéligibilité et poursuites pénales pour Yingluck Shinawatra

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(Avec adoption des sanctions et poursuites contre Shinawatra) BANGKOK, 23 janvier (Reuters) - Les autorités thaïlandaises ont infligé deux coups sévères à l'ancienne chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, vendredi, en l'écartant de la vie politique pour cinq ans et en annonçant l'ouverture de poursuites pénales qui pourraient la conduire en prison. Yingluck Shinawatra, qui avait été démise de ses fonctions pour abus de pouvoir en mai dernier peu avant un coup d'Etat militaire, est accusée d'avoir participé à une affaire de surfacturation sur le marché du riz qui aurait coûté plusieurs milliards de dollars à son pays. Elle va faire l'objet de poursuites pénales devant la Cour suprême et risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement si elle est reconnue coupable des faits, a annoncé vendredi le bureau du Procureur général. L'Assemblée nationale législative, le parlement thaïlandais dominé par les militaires, a par ailleurs reconnu Yingluck Shinawatra coupable de négligence dans cette affaire, selon un décompte des votes effectué par Reuters lors de la session retransmise à la télévision. La décision exigeait une majorité qualifiée des trois-cinquièmes. Une centaine des 220 membres de l'Assemblée, désignés par la junte militaire et le Premier ministre par intérim, sont des officiers actifs ou à la retraite. Cet "impeachment" rétroactif a pour conséquence de rendre Yingluck Shinawatra inéligible et de lui interdire toute activité politique pendant une durée de cinq ans. La sécurité avait été renforcée autour du parlement à Bangkok avant le vote qui s'est déroulé en milieu de journée. Aucun incident n'a été signalé. Même si ces décisions étaient attendues par les partisans de Yingluck Shinawatra qui accusent l'Assemblée d'être partiale, elles risquent d'accentuer les tensions dans le pays car l'ancienne chef du gouvernement demeure populaire parmi la population rurale pauvre qui l'avait massivement soutenue lors des élections de 2011. Le commandant en chef de l'armée, le général Udomdej Sitabutr, est intervenu à la radio pour appeler la population à respecter la décision de l'Assemblée. La Thaïlande demeure soumise à la loi martiale et les rassemblements publics sont interdits. (Panarat Thepgumpanat et Pracha Hariraksapitak; Pierre Sérisier et Tangi Salaün pour le service français)

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