Inégalités scolaires : au c½ur d'une classe de CP

le , mis à jour à 07:43
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Inégalités scolaires : au cœur d'une classe de CP
Inégalités scolaires : au cœur d'une classe de CP

L'école Louise-Michel de Val-de-Reuil (Eure), un groupe scolaire de 320 élèves en réseau d'éducation prioritaire, a accepté de nous ouvrir les portes pour observer comment les mots viennent aux enfants. Ici, dans ce vaisseau blanc planté au milieu d'un quartier de pavillons et de petits immeubles sociaux, les enseignants de CP ont un défi : faire de leurs élèves des lecteurs, mais aussi les jurés d'un concours national de littérature jeunesse, le Prix des incorruptibles. Nous les suivrons tout au long de l'année. Premier épisode.

 

« Trouve le mot, le P, regarde... »

 

« ... W, X, Y ET Z, quel bonheur, je sais l'alphabet par coeur ! » Assis en tailleur avec les autres, au fond de la classe, Arthur* chantonne la comptine de Mozart. Il lui manque un peu d'entrain, mais il essaye. C'est déjà une victoire, pour ce gamin de bientôt 6 ans. Apprendre à lire est une course de haies et pour lui, en dix jours de CP, la barre est déjà très haute. Annabelle, la maîtresse, le sait parfaitement. Quand retentit le carillon de midi, ce mercredi, elle accompagne sa classe vers la sortie avec l'air d'une sportive de retour de l'entraînement. Cette semaine est consacrée à l'apprentissage du son I.

 

Sur l'estrade devant le tableau, inlassablement elle dit la lettre, elle la mime, elle la montre avec sa grande règle jaune, sautillante sur l'estrade. La semaine prochaine viendra le R, puis le L. « Ils connaissent déjà à peu près les voyelles, on va pouvoir rapidement passer à ri, ra, ro, etc. » espère-t-elle.

 

Il y a quelques jours, le Réseau d'aide aux enfants en difficulté (Rased), dont bénéficie l'école, a mené une évaluation des besoins et lacunes de chaque écolier. Annabelle attend les résultats, mais elle a déjà repéré une « dizaine » de petits très à l'aise, comme Lucie ou Eloïse, qui expliquent s'entraîner chaque jour à la maison, « avec maman ». Les autres sont « moins ...

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