Indifférence et violences lors d'élections en Libye

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LES LIBYENS AUX URNES POUR ÉLIRE UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
LES LIBYENS AUX URNES POUR ÉLIRE UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

par Ulf Laessing et Ghaith Shennib

TRIPOLI (Reuters) - Le scrutin pour l'élection des 60 membres de la future assemblée constituante libyenne s'est ouvert jeudi dans un contexte tendu, marqué par une série d'attaques et un faible taux de participation.

Seules 360.000 personnes, sur un million d'inscrits, avaient fait le déplacement en fin d'après-midi, selon les chiffres de la Commission électorale, et les images de télévision montraient des bureaux de vote quasiment déserts.

Le désintérêt des électeurs pour ce scrutin, un jalon dans la transition post-Mouammar Kadhafi, reflète le sentiment de désillusion dû, notamment, à la violence persistante depuis la chute de l'ancien dictateur, en octobre 2011.

Des explosions ont retenti à l'aube dans cinq bureaux de vote à Derna, un bastion islamiste situé dans l'est du pays, sans faire de blessés.

Hormis à Derna, où des hommes en armes ont forcé un bureau à fermer, et dans deux autres villes, les opérations de vote ont pu se dérouler dans la majeure partie du territoire.

Aucun groupe n'a revendiqué les attaques mais des riverains ont affirmé que les assaillants avaient laissé l'inscription "il n'y a d'autre Constitution que la loi islamique" près du lieu de l'une des explosions.

La situation semblait plus calme à Tripoli, survolée par des hélicoptères, ou à Benghazi, où des soldats gardaient les bureaux de vote.

Les 60 élus, divisés en trois groupes de poids égal représentant les trois grandes régions de la Libye - Tripolitaine (ouest), Cyrénaïque (est) et Fezzan (sud) -, auront 120 jours pour mettre au point la nouvelle loi fondamentale.

Leur projet sera ensuite soumis à référendum.

Ce modèle rappelle le comité qui avait élaboré la Constitution libyenne d'avant Mouammar Kadhafi, mise en ?uvre lors de l'accession du pays à l'indépendance en 1951.

APPELS AU BOYCOTT

Les futurs membres de la Constituante devront prendre en compte les rivalités politiques et tribales actuelles et les appels à l'autonomie dans l'est du pays, lorsqu'ils décideront du type de système politique que la Libye adoptera.

Dans l'Est, des manifestants armés ont, depuis l'été dernier, pris le contrôle des principaux ports pétroliers, en demandant à bénéficier d'une plus grande autonomie politique et à tirer parti davantage des revenus pétroliers. L'organisation qui chapeaute les éléments armés occupant les ports de l'Est a appelé au boycott de l'élection de la Constituante.

Le scrutin est également boudé par les Amazighs, ou Berbères, minorité qui vit dans l'Ouest, à proximité d'autres installations pétrolières.

Les efforts en vue de rédiger une nouvelle loi fondamentale ont été retardés à plusieurs reprises en raison des querelles politiques au sein du Congrès général national (CGN), élu en 2012 à l'issue des premières élections libres en Libye depuis près de cinquante ans.

Le CGN a décidé cette semaine d'organiser avant la fin de l'année de nouvelles élections, son projet de proroger son propre mandat au-delà de la date du 7 février ayant provoqué un tollé.

Deux des plus puissantes milices du pays ont menacé mardi de dissoudre le CGN, qu'elles accusent, comme nombre de Libyens, de paralyser le pays par ses querelles incessantes.

Mercredi, les miliciens ont retiré des éléments qu'ils avaient déployés dans le centre de Tripoli, l'Onu ayant appelé à la retenue.

Le gouvernement du Premier ministre Ali Zeidan s'efforce d'imposer son autorité à travers le pays et de brider les milices qui ont contribué à la chute du colonel Kadhafi, mais qui ont conservé leurs armes afin de compter politiquement.

Eric Faye et Simon Carraud pour le service français

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  • M3182284 le jeudi 20 fév 2014 à 21:35

    Trabajo mauro