Inde-Modi réitère ses promesses électorales

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NEW DELHI, 15 août (Reuters) - Le Premier ministre indien Narendra Modi a une nouvelle fois promis vendredi d'éradiquer la bureaucratie et de mettre fin aux querelles qui gangrènent selon lui le gouvernement afin de redresser une économie qui cherche un second souffle. Prononçant son premier discours de l'Indépendance, Narendra Modi a souligné que la gouvernance du pays devait être améliorée, sans pour autant évoquer la moindre des réformes libérales qui avaient convaincu beaucoup d'électeurs de se tourner vers lui lors des dernières élections législatives. Il a toutefois lancé vendredi une proposition visant à améliorer l'accès aux services financiers des 20% d'Indiens qui sont privés de compte bancaire et sont parfois à la merci de prêteurs qui proposent des taux usuraires. Narendra Modi a également annoncé la fin de la planification, soulignant que le 12e plan quinquennal, qui couvre la période 2012-2017 n'irait pas à son terme. La Commission centrale de la planification, qui encadre depuis des décennies l'économie indienne sera remplacée par une structure plus moderne, a-t-il promis. Mais il a avant tout insisté sur les difficultés qu'il a rencontrées dès son arrivée à la tête du gouvernement indien, évoquant les querelles intestines qui minent son action. "J'ai vu qu'au sein même d'un seul gouvernement, il y avait des dizaines de gouvernements, comme si chacun d'entre eux avait son propre fief", a-t-il dit, touchant un point sensibles pour beaucoup d'Indiens confrontés à une bureaucratie tatillonne et à la corruption d'un certain nombre de fonctionnaires. "Le gouvernement, ce n'est pas une entité faite de bric et de broc, c'est une entité structurée. J'ai tenté d'abattre ces murs", a-t-il dit. Lors de la campagne électorale, remportée en mai au dépens du Parti du Congrès, Narendra Modi, qui représentait le Bharatiya Janata Party (BJP), a promis de raviver une économie indienne dont le taux de croissance est tombé sous 5%, de favoriser l'emploi pour le million d'indiens qui arrive chaque mois sur le marché de l'emploi, tout en laissant entrevoir une politique de grands travaux. Sur ce front, peu d'avancées ont été constatées, faute d'une réforme de la législation foncière, d'une accélération de l'octroi des autorisations environnementales et d'une trop grande bureaucratie. Beaucoup de soutiens de Narendra Modi lui reprochent par ailleurs de ne pas avoir mis un terme à l'aide alimentaire et tout un ensemble d'aides sociales jugées coûteuses afin de réacheminer les fonds publics vers des mesures davantage susceptibles de réduire la pauvreté. Pour certains économistes, il serait toutefois vain d'espérer l'annonce d'initiatives spectaculaires. "Il faut ramener nos attentes à un niveau réaliste, acceptable", déclare Shubhada Rao, chef économiste de YES Bank. "Au cours des trois premières années, nous allons observer une phase de réparation et d'amélioration. Ensuite, l'économie sera en mesure de décoller. Avant toute réparation, toute annonce spectaculaire ne servirait à rien." (Sanjeev Miglani et John Chalmers, Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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