Inde: les banques, prises d'assaut, sont à court de monnaie

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Un homme compte les roupies qu'il s'apprête à échanger à sa banque à Calcutta, le 10 novembre 2016 ( AFP / Dibyangshu SARKAR )
Un homme compte les roupies qu'il s'apprête à échanger à sa banque à Calcutta, le 10 novembre 2016 ( AFP / Dibyangshu SARKAR )

Pour la deuxième journée consécutive, les banques indiennes ont été prises d'assaut vendredi par une foule qui tentait de plus en plus désespérément de se procurer des billets valides, laissant nombre de succursales et de distributeurs à court de liquidités.

Dans toute l'Inde, de longues files d'attente se sont formées devant les établissement bancaires pour tenter d'échanger les billets de 500 et 1.000 roupies (6,5/13 euros), soudainement devenus inutilisables car démonétisés sur décision du gouvernement cette semaine, contre de petites coupures ou la nouvelle coupure de 2.000 roupies.

Mais, après plusieurs heures d'attente, des millions d'Indiens ont dû repartir les mains vides, nombre d'agences bancaires et de distributeurs s'étant retrouvés à sec.

A la Bourse de Bombay, les actions des banques indiennes ont accusé le coup. A la clôture, ICICI Bank plongeait de 4,99%, State Bank of India de 2,61% tandis que Central Bank of India reculait de 2,77%.

"L'annonce surprise a créé un problème pour les banques mais le secteur bénéficiera sur le long terme de cette démonétisation" qui entraînera une hausse des dépôts bancaires, a pondéré Sujan Hajra, économiste en chef de la compagnie de courtage Anand Rathi securities.

Les limites imposées aux retraits par le gouvernement compliquent les versements de salaires en liquide, dans une économie à l'énorme secteur informel et où 90% des transactions s'effectuent en espèces.

"Nous avions payé les salaires de quelque 700 ouvriers lundi mais la plupart d'entre eux n'ont pas été en mesure de changer leur argent et sont fauchés", a déclaré à l'AFP Vikram Deep Singh Sekhon, responsable d'une plantation de thé dans l'Etat du Bengale occidental (est).

Ses employés "n'arrivent plus à acheter certains produits essentiels à la vie de tous les jours", a-t-il témoigné.

L'Inde, un pays d'1,25 milliard d'habitants, a été prise de court par l'annonce mardi soir du Premier ministre selon laquelle les coupures de 500 et 1.000 roupies n'avaient soudain plus de valeur légale, mesure destinée à lutter contre l'évasion fiscale.

Si quelques secteurs sensibles (hôpitaux, stations-service, gares, etc.) pouvaient encore vendredi accepter les anciens billets, il leur sera légalement impossible de le faire à compter de minuit (18H30 GMT).

La banque centrale indienne s'est voulue rassurante, déclarant que suffisamment d'argent liquide avait été distribué aux institutions bancaires pour répondre aux besoins.

"Il y a suffisamment d'argent disponible en banque et toutes les dispositions ont été prises pour que les billets atteignent toutes les parties du pays", a-t-elle affirmé dans un communiqué, appelant les Indiens à la "patience".

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  • C.dupipo il y a un mois

    Les gouvernants de tous les pays n'ont plus qu'une idée en tête : s'emparer de toute la richesse. Ils appellent ça lutter contre l'évasion fiscale ! Je leur voit un avenir bien sombre...

  • kram123 il y a un mois

    On nous a fait le même coup mais eux ne sont pas limités en cash comme nous....qui l'eut cru monde est plus une démocratie que l'Europe même si le terme démocratie est largement discutable

  • pascalcs il y a un mois

    Encore un exemple de plus de guerre contre le liquide sous de fallacieux prétextes d'évasion fiscale et lutte contre les méchants. Dans un pays parmi les plus gros acheteur d'or du monde...