Inde: banques et usines paralysées au deuxième jour d'une grève nationale

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Les banques publiques et les usines étaient paralysées jeudi en Inde au second jour d'une grève nationale lancée par les syndicats pour protester contre une politique gouvernementale "anti-travail", un mouvement qui sonne comme un avertissement à un an des élection générales.

Cette grève lancée par onze organisations syndicales vise à dénoncer une série de mesures ouvrant des pans entiers de l'économie aux investisseurs étrangers pour relancer la croissance et réduire le déficit public.

Les grévistes entendent aussi protester contre un taux d'inflation élevé et une hausse des prix du carburant, annoncée à l'automne dernier.

Selon les observateurs, cette grève souligne le mécontentement au sein de la classe ouvrière qui se sent exclue du développement économique du pays au cours des dix dernières années.

"Le gouvernement doit s'asseoir (autour de la table) avec les travailleurs et les écouter parce qu'il ne peut plus se permettre d'ignorer cette classe avec les élections générales prévues en 2014", a commenté auprès de l'AFP Shubha Singh, un analyste politique basé à New Delhi.

Des responsables de deux partis de gauche ont annoncé qu'ils boycottaient l'ouverture de la nouvelle session parlementaire jeudi en signe de solidarité avec les grévistes.

"La grève reflète la colère contre le gouvernement et ses politiques", a déclaré Gurudas Dasgupta, le secrétaire général du Congrès indien des syndicats (AITUC), une organisation orientée à gauche.

En début de semaine, le Premier ministre du gouvernement de centre-gauche, Manmohan Singh, a appelé les syndicats à lever leur appel à la grève en mettant en garde contre le risque de pertes pour l'économie, dans un contexte de sévère ralentissement de la croissance.

La troisième puissance économique d'Asie, qui s'enorgueillissait d'un taux annuel de croissance de l'ordre de 9%, accuse aujourd'hui la plus faible croissance depuis une décennie avec un taux de 5% attendu pour 2012/2013.

Les appels du Premier ministre sont toutefois restés vains après le refus du gouvernement de faire machine arrière sur le "big bang" des réformes annoncées en septembre, comprenant notamment l'ouverture du secteur de la grande distribution aux multinationales étrangères.

Pour éviter une éruption de violence dans ses usines, le constructeur automobile Maruti a donné leur journée au personnel, selon l'agence Press Trust of India. En juillet dernier, une violente émeute avait fait un mort et près d'une centaine de blessés parmi les cadres.

Mercredi, des manifestations ont dégénéré dans une ville satellite de New Delhi lorsqu'une foule a lancé des pierres, vandalisé des usines et mis le feu à plusieurs véhicules.

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