Incidents lors d'une manifestation de l'opposition à Kiev

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INCIDENTS EN MARGE D?UNE MANIFESTATION DE L?OPPOSITION À KIEV
INCIDENTS EN MARGE D?UNE MANIFESTATION DE L?OPPOSITION À KIEV

par Richard Balmforth et Natalia Zinets

KIEV (Reuters) - Des incidents se sont produits en marge d'une manifestation qui a réuni environ 100.000 Ukrainiens dimanche place de l'Indépendance à Kiev, bravant une interdiction de la justice et de nouvelles lois restreignant le droit de manifester.

De jeunes manifestants masqués et armés de bâtons s'en sont pris à un cordon de police et ont tenté de renverser un autocar barrant l'accès au parlement à une centaine de mètres de la place de l'Indépendance.

En dépit des appels à la retenue lancés par l'opposition et malgré l'intervention personnelle de l'ancien boxeur Vitali Klitschko, figure de la contestation contre le président Viktor Ianoukovitch, les protestataires ont continué à jeter des fumigènes et d'autres objets en direction des forces de l'ordre.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que 30 policiers avaient été blessés lors de ces heurts et qu'une dizaine avaient été hospitalisés dont quatre se trouvaient dans un état grave.

La tension demeurait palpable à la nuit tombée, les policiers ayant recours à des canons à eau pour disperser les manifestants qui s'étaient rassemblés près du parlement et des bâtiments du gouvernement fortement gardés.

Un porte-parole de Klitschko a indiqué sur le réseau Twitter que l'ex-boxeur avait accepté de rencontrer immédiatement Ianoukovitch dans sa résidence présidentielle à l'extérieur de Kiev. L'information n'a pas été confirmée par la présidence.

DIVISION

La manifestation, la plus importante depuis le début de l'année, a été organisée en réaction au nouveau dispositif législatif voté à main levée jeudi par le parlement, qui prévoit notamment des peines de plusieurs jours de prison et des amendes pour l'installation sur la place publique de tentes, de scènes ou de haut-parleurs non autorisés.

L'opposition, qui dénonce un coup de force contraire à la constitution, craint que ce texte ne soit le prélude à une vague de répression destinée à étouffer un mouvement de contestation qui dure depuis que le président Viktor Ianoukovitch, favorable à un rapprochement avec le voisin russe, a refusé de signer en novembre un accord de libre-échange avec l'Union européenne.

"Ianoukovitch et ses sbires veulent piller notre pays. L'Ukraine est unie comme jamais (...) dans sa détermination à empêcher une dictature", a déclaré Vitali Klitschko qui appelle à la mise en place de structures de pouvoir parallèles - assemblée du peuple, nouvelle Constitution.

Après une pause pendant les fêtes de fin d'année, les opposants étaient 50.000 il y a une semaine dans les rues de la capitale ukrainienne pour dénoncer le rapprochement avec la Russie privilégié par le chef de l'Etat.

Mercredi, un tribunal a prononcé une interdiction des manifestations dans le centre de Kiev et le lendemain, un ensemble de lois restrictives était voté à main levée par les députés pro-Ianoukovitch, une initiative critiquée par plusieurs capitales occidentales.

Cette crise met en lumière la division existant désormais dans cette ancien république soviétique de 46 millions d'habitants entre les populations russophones dans l'est du pays favorables à un rapprochement avec Moscou et les populations des régions de l'est et du centre tentées par un ralliement à l'Union européenne.

Richard Balmforth, Natalia Zinets; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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