Incidents à la frontière macédonienne, dizaines de migrants blessés

le , mis à jour à 23:18
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 (Actualisé avec précisions sur le nombre de blessés) 
    par Stoyan Nenov 
    IDOMENI, Grèce, 10 avril (Reuters) - Plusieurs dizaines de 
migrants et de réfugiés ont été blessés dimanche dans des 
incidents avec la police macédonienne près du poste-frontière 
grec d'Idomeni, a-t-on appris auprès de membres d'ONG 
humanitaires. 
    La police macédonienne a fait usage de gaz lacrymogènes et 
de balles en caoutchouc pour repousser plusieurs centaines de 
migrants qui s'étaient massés le long de la barrière érigée sur 
la frontière. 
    Conséquence de la fermeture de la frontière décidée par les 
autorités macédoniennes, plus de 11.200 migrants et réfugiés 
sont bloqués depuis des semaines dans un camp de fortune à 
Idomeni. 
    Un responsable macédonien qui a requis l'anonymat a déclaré 
qu'un groupe de migrants avait quitté le camp et s'en était pris 
à la barrière. "Ils lançaient des pierres sur la police 
macédonienne. La police a répliqué par des tirs de gaz 
lacrymogène", a dit ce responsable, s'exprimant sous le sceau de 
l'anonymat. 
    Le gouvernement grec, qui a dénoncé la réaction des 
policiers macédoniens, a déclaré pour sa part que des balles 
caoutchouc et des grenades assourdissantes avaient également été 
utilisées. 
    "L'usage sans discernement de produits chimiques, de balles 
en caoutchouc ou de grenades assourdissantes contre des 
populations vulnérables, et particulièrement sans qu'une telle 
force soit justifiée, constitue un acte dangereux et 
déplorable", a dit George Kyritsis, porte-parole de la 
coordination des migrations au sein du gouvernement.  
     
    "INÉVITABLE" 
    Interrogé par Reuters, un coordinateur de l'ONG Médecins 
sans Frontières (MSF) a déclaré que quelque 300 personnes 
avaient été prises en charge, dont plus de 30 touchées par des 
balles caoutchouc. Trois enfants notamment ont été atteints à la 
tête. 
    Achilleas Tzemos a ajouté que 200 personnes souffraient de 
troubles respiratoires après avoir inhalé des gaz lacrymogènes 
et a également fait état d'une trentaine de personnes présentant 
des "plaies ouvertes". 
    A Idomeni, des témoins ont expliqué que la tension était 
progressivement montée alors qu'un petit groupe de migrants 
tentait de discuter avec des gardes-frontières macédoniens  et 
demandaient l'ouverture de la barrière. Face au refus de leurs 
interlocuteurs, d'autres migrants ont commencé à marcher vers la 
frontière, ont-ils ajouté.  
    Le nombre des migrants et réfugiés n'a cessé d'augmenter à 
Idomeni, comme dans d'autres camps en Grèce, depuis le mois de 
février après la fermeture des frontières décrétée par plusieurs 
Etats de la région qui a bloqué la "route des Balkans". 
    "Ce que nous observons est le résultat inévitable du fait 
que des milliers de personnes se retrouvent piégées en Grèce, un 
pays incapable de répondre aux besoins humanitaires et de 
protection", déclare Jose Hulsenbek, chef de mission de MSF en 
Grèce, dans un communiqué. "Ce dont ces gens ont besoin, c'est 
d'être traités avec dignité, pas avec violence." 
 
 (avec Renee Maltezou à Athènes; Pierre Sérisier, Marc Angrand 
et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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